L'Europe — un débat interdit

Bonjour, il y a eu précédemment quatre vidéos pour aborder toutes les facettes de la construction européenne et nous allons à présent aborder les différents choix politiques qui pourraient être débattus en 2026 pour peu qu'une telle volonté existe, ce qui malheureusement n'est pas le cas.

L'Europe a été pendant plusieurs siècles un immense champ de bataille et pour tenter d'en finir avec les dérives du nationalisme exacerbé, la première conférence internationale de la paix s'est tenue en 1899 à La Haye à l’initiative de la Russie. Cette conférence est donc contemporaine des premiers travaux en physique quantique marquant aussi l'entrée dans la 3è mutation comme on a vu dans la vidéo précédente.

Cela n'a malheureusement pas empêché les deux guerres mondiales et avec les mêmes objectifs de pacification du continent, la communauté économique européenne a été créée en 1957.
Cette communauté s'inscrit dans le cadre de la protection des souverainetés nationales avec une union douanière et la coopération économique entre nations.

Il en a été de même pour le traité Spinelli avec le principe de subsidiarité ascendante. C'est-à-dire que ce sont les États qui décident de ce qui doit être confié à la structure supranationale.

Puis sous l'impulsion de l'extrême centre d'un social libéralisme, c'est-à-dire de la coalition d'une grande partie de la gauche et de la droite qui a toujours été majoritaire au Parlement européen sans la moindre alternance politique, on s'est dirigé pas à pas vers un fédéralisme et une centralisation.
L'Acte unique a fait la promotion du néolibéralisme et du libre échange et il a été imposé sans débat.
Le référendum sur Maastricht était un référendum tronqué avec un choix imposé excluant toute autre forme d'organisation.
On a perdu la souveraineté monétaire et la subsidiarité s'est transformée sous sa forme descendante. C'est-à-dire que c'est la partie supranationale qui décide des compétences qu'elle doit assumer.
Le traité de Lisbonne a été imposé malgré le refus du résultat du référendum pour le traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005 et il a donné encore plus de pouvoir à la techno-structure centralisatrice de la Commission européenne.

Et le bilan de cette évolution, on l'a vu, est catastrophique : désindustrialisation, paupérisation, extension conjointe de l'Union européenne et de l'OTAN, venant ainsi menacer la sécurité de la Russie comme cela avait été prédit par l'ancien secrétaire d'État américain George Kennan. Et qui plus est, on assiste à présent à la volonté de militarisation de l'Allemagne au risque de réveiller de vieux démons.
Alors, va-t-on continuer cette course folle en avant vers un état fédéral en étant dans le déni de l’échec économique, en banalisant la perspective d'une guerre en 2029 ?

Peut-on réformer l'Union européenne ?


Passer de la subsidiarité descendante à une subsidiarité ascendante, passer du libre échange à la protection communautaire, réformer les institutions, mais on sait bien que cela est extrêmement difficile, voir impossible étant donné qu'il faut l'unanimité des 27 pays.

Donc faut-il s'attendre à la disparition de l'Union européenne et en même temps de l'OTAN puisque ces deux structures sont intimement liées et de ce fait voir l'émergence des partis politiques qui prônent le respect de la souveraineté nationale ?

Dans les choix politiques que nous avons, entre l'extrême centre, et les partis souverainistes qui soient de gauche, de droite ou de gauche et de droite, l'extrême centre est à présent totalement discrédité et il ne reste plus que cette solution pour sortir de la profonde crise dans laquelle se trouve à la fois la France et l'Europe.

Si on se place dans cette perspective du respect de la souveraineté nationale, quelle serait la finalité et comment s'organiseraient les pays qui sont à l'intérieur de l'Europe ?

Donc il est question de retrouver une souveraineté au niveau monétaire, au niveau économique, au niveau technologique, au niveau alimentaire, au niveau de la santé.

Cette coopération entre nations sur le plan économique doit-elle s'accompagner d'une certaine convergence sociale, fiscale, écologique ? Faut-il construire une zone économique européenne avec une monnaie non pas unique mais une monnaie commune, revenir à la préférence communautaire ou du moins retrouver un équilibre entre libre échange et protectionnisme selon les différentes situations ?

La rupture avec l'extrême centre est indispensable, avec le néolibéralisme, avec la pensée unique.
Et pour quel modèle alternatif et quels indicateurs faut-il afin d'évaluer la bonne santé d'un pays ? On pourrait par exemple évaluer la croissance vertueuse, le taux de chômage, l'inflation, les capacités d'innovation et de créativité, l'indice de pollution, la qualité de l'environnement, le taux de morbidité, le taux de suicide, le taux de natalité, l'espérance de vie, le taux de délinquance, la consommation de drogues et de psychotropes, l'indice de bien-être, l'indice de démocratie, de corruption, la liberté d'expression et enfin la qualité de l'information, la présence de débat et la pensée non pas la pensée unique mais la pensée complexe.


Est-ce qu'une nouvelle structure européenne aurait simplement une finalité économique ou bien est-ce que l'on resterait dans le cadre de la seconde mutation avec le maintien d'une volonté de pouvoir et d'hégémonie, une russophobie.
Ou bien au contraire accompagner la troisième mutation, renoncer à la volonté dominatrice et de prédation, normaliser les relations avec la Russie, créer un espace de sécurité commune avec la Russie, la prévention des conflits par la diplomatie, le règlement pacifique des conflits avec une procédure d'arbitrage et de médiation comme cela a été prévu dans la première conférence internationale de la paix en 1899, le respect du droit , de l'éthique, assurer le bien-être des peuples, lutter contre les mafias européennes, le terrorisme, l'intégrisme islamique et coopérer pour s'intégrer dans un monde multipolaire.

Donc au niveau des modalités d'organisation entre pays européens, on peut imaginer plusieurs scénarios : de simples coopérations à la carte et à ce moment-là cela se traduit par des rencontres sélectives entre des chefs d'état et de gouvernement.
Ou bien un modèle confédéral, et à ce moment-là, la structure exécutive, c'est le Conseil européen avec des décisions prises à l'unanimité.
O
u bien une communauté, et à ce moment-là, au Conseil européen serait ajouté une assemblée. Cette assemblée pourrait être composée de représentants des parlements nationaux organisés non pas selon les groupes politiques mais selon cinq grandes dimensions :
l'économie, le marché commun, les transports, l'agriculture,
l'environnement, le social, les migrations, le droit des minorités,
la lutte contre la corruption, les affaires monétaires et fiscales,
la recherche, l'innovation, la souveraineté technologique
et enfin un espace de sécurité commune en Europe, la prévention des conflits, la diplomatie, la lutte contre la criminalité et les perspectives à long terme.

Et on pourrait également imaginer qu'il y ait une représentation des différentes nationalités, des différents partis politiques et des représentants des com
ités économiques, sociaux et environnementaux nationaux dans chacun des cinq groupes afin de favoriser un consensus et la pensée complexe.
Donc, imaginons que nous soyons en démocratie et qu'il y ait un débat puis un référendum dans chacun des 27 pays. Le choix de l'évolution vers un état fédéral serait un choix probablement marginal.

Il y aurait une forte probabilité pour que plusieurs pays souhaitent sortir de l'Union européenne de façon coordonnée et on pourrait imaginer qu'il y ait différents projets avec une coexistence dans un premier temps de pays qui souhaitent rester indépendants, d'autres pays qui souhaitent intégrer une confédération. Mais des pays qui recherchent une réconciliation avec la Russie pourront-ils s'associer avec des pays qui restent dans une russophobie ?
Que des pays restent sur un modèle axé sur le libre échange, que des pays restent dans une vision atlantique et russophobe.

E
t puis que des pays souhaitent fonder une communauté basée sur la coopération économique avec une union douanière, et quelles seraient à ce moment-là les conditions pour une intégration dans une communauté ?
Est-ce que ça serait uniquement des critères actuels, des critères économiques, la lutte contre la corruption, le respect du droit des minorités ? Ou est-ce qu'on inclurait également des critères géopolitiques comme la volonté du règlement des différends entre pays, la réconciliation et la création d'un espace de sécurité commune avec la Russie ?

Conclusion

Donc en conclusion, depuis 1984, avec le refus du traité Spinelli et l'engagement dans le néolibéralisme avec l'Acte unique, les dirigeants ne veulent pas d'un débat sur l'Europe.
La situation catastrophique de l'Union européenne, tant sur le plan économique que géopolitique va-t-elle imposer en 2026 un tel débat dans tous les pays de l'Union européenne ?
Il serait nécessaire d'identifier les positions des différents partis souverainistes et en particulier les partis qui défendent les principes de la 3è mutation.
Les partis souverainistes vont-ils s'unir au niveau européen ?
Et puis au-delà d'un simple débat, il s'agit de se libérer d'une pathocratie à l'échelle européenne, de refonder la démocratie en France afin d'éviter le retour d'une pathocratie.


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