Elle est de nature intergouvernementale comme la PESC. Elle a pour objet la prévention et la lutte contre les formes graves de criminalité, et de faciliter l'échange d'informations entre les autorités policières des États membres.
Europol est l'Office européen de police prévu par Maastricht. La Commission a publié, en décembre 2021, un code de coopération policière destiné à moderniser le cadre réglementaire de la collaboration entre services répressifs européens. En 2025, la Commission a présenté une stratégie européenne de sécurité intérieure ("ProtectEU"), visant à étendre les capacités opérationnelles d'Europol, d'Eurojust et de Frontex, l'agence chargée du contrôle des frontières extérieures.
Eurojust est l'agence européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale, composée de procureurs et de magistrats issus des États membres. Elle facilite la coordination entre autorités judiciaires nationales sans se substituer à elles : les décisions de poursuite restent prises par les autorités nationales compétentes. En 2024, Eurojust a apporté un soutien à 361 équipes communes d'enquête.
Contrairement à ce que laissait présager Eurojust pendant longtemps, un véritable Parquet européen a fini par voir le jour. Créé par le règlement (UE) 2017/1939 du 12 octobre 2017, il est devenu opérationnel en juin 2021, sous la forme d'une coopération renforcée. 25 États membres y participent aujourd'hui sur 27, seuls le Danemark et l'Irlande restant à l'écart, en raison des clauses d'exemption générale dont ils bénéficient sur l'ensemble de la coopération judiciaire européenne. Basé à Luxembourg, le Parquet européen fonctionne sur deux niveaux : un bureau central (le chef du Parquet européen, ses adjoints, un procureur européen par État participant) et des procureurs européens délégués dans chaque État membre participant. Il est compétent pour enquêter et poursuivre les fraudes portant atteinte au budget de l'Union, la corruption et la fraude transfrontalière grave à la TVA -- mais ne dispose pas, à ce stade, de compétence générale, ni de tribunal européen propre : les poursuites qu'il engage sont jugées devant les juridictions nationales. Sa première cheffe, la magistrate roumaine Laura Codruta Kövesi, connue pour son engagement dans la lutte anticorruption, a été nommée en octobre 2019 pour un mandat de sept ans non renouvelable.