Le projet d'une conférence sur la paix, la sécurité et la coopération en Europe a été lancé par les Soviétiques en 1954, mais les Occidentaux ont toujours été réticents. Pire, durant cette période, les États-Unis élaboraient l'opération Dropshot, un plan d'attaque nucléaire sur la Russie (les Britanniques et les Américains avaient déjà envisagé l'opération impensable, une attaque surprise contre l'URSS pour le 1er juillet 1945).
L'ouverture de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe a lieu en 1973, et l'Acte final d'Helsinki est signé en 1975. Cet accord prévoit en particulier :
En 1990, le sommet de Paris adopte la « Charte pour une nouvelle Europe ». Cette charte est censée consacrer la fin de la guerre froide.
En 1994, la CSCE devient l'OSCE, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Cette organisation, qui réunit tous les États européens, les États-Unis et le Canada, la Russie et les États issus de l'ex-URSS, est censée assurer le règlement pacifique des conflits, l'inviolabilité des frontières, et une sécurité commune. Mais malgré la chute du communisme, l'OSCE a été marginalisée par les gouvernements occidentaux au profit de l'OTAN (qui n'a pas pour objectif le règlement pacifique des conflits). Pour l'administration américaine, l'objectif n'est pas la sécurité commune en Europe, l'objectif est de maintenir l'hégémonie mondiale des États-Unis, et donc de privilégier l'OTAN au détriment de l'OSCE, de favoriser l'élargissement de l'Europe, puis l'élargissement de l'OTAN, dans le but d'encercler la Russie, de l'affaiblir et d'empêcher un rapprochement entre la Russie et l'Allemagne. Ou encore même de provoquer directement la Russie, comme lorsqu'un général de l'OTAN a évoqué la possibilité de détruire l'exclave de Kaliningrad en juillet 2025.
L'OTAN a commencé à s'élargir en 1999. En 2002, l'Ukraine et la Géorgie ont fait part de leur intention d'adhérer à l'OTAN, alors que cela représentait une menace existentielle pour la Russie. La même année, les États-Unis se sont retirés unilatéralement du traité américano-russe ABM. Un nouvel élargissement de l'OTAN a eu lieu en 2004.
Les gouvernements américains successifs ont violé à de nombreuses reprises les principes de l'Acte final d'Helsinki et de la Charte de Paris :
Ces textes contiennent d'ailleurs une ambiguïté fondamentale, jamais résolue, entre deux principes qu'ils affirment simultanément : le libre choix par chaque État de ses propres alliances de sécurité (invoqué par les Occidentaux pour justifier l'ouverture de l'OTAN à tout pays candidat), et le principe de sécurité indivisible -- « personne ne peut renforcer sa sécurité au détriment de celle des autres » -- inscrit dès 1975 dans le premier panier de l'Acte final d'Helsinki et réaffirmé à Paris, Istanbul et Astana (invoqué par la Russie pour contester la légitimité de cet élargissement). Cette ambiguïté textuelle explique, en partie, pourquoi les deux camps peuvent se réclamer des mêmes accords tout en défendant des lectures opposées.
Pour assurer un cadre de sécurité collective, il faudrait une relation de confiance, une volonté de coopération, des relations commerciales et diplomatiques. Malheureusement, les relations internationales sont marquées par un manque de confiance, l'hypocrisie de la part des gouvernements occidentaux avec une volonté hégémonique des États-Unis, une disparition quasi totale des relations diplomatiques avec la Russie, et des sanctions économiques contre la Russie qui se révèlent essentiellement nocives pour l'Europe.