Les
occasions manquées de l'Europe
Cette
vidéo est la dernière d'une série consacrée à l'Europe. Je vais partir de la fin du XIXème siècle, une période où l'Europe est à
l'apogée de sa puissance et où le matérialisme règne dans les
sciences.
I. Les prémices d'une architecture de paix
(1899–1957)
En
1899 a lieu la première conférence internationale de la paix, qui
va déboucher en particulier sur la création de la Cour permanente
d'arbitrage — la première institution internationale, toujours en
activité. Cette conférence n'empêchera pas les deux guerres
mondiales.
En
1948, une première occasion manquée avec la conférence de La
Havane.
En
1957 est créée la Communauté économique européenne, une
communauté respectueuse des nations et protégée par un tarif
douanier. Durant cette période a lieu une prospérité économique
et une période de paix, faisant disparaître le spectre de la
guerre.
En
1975, ce sont les accords d'Helsinki.
II. Le tournant de 1984 : naissance d'un
système pathocratique
Une
seconde occasion manquée en 1984 avec le traité Spinelli, qui
prévoyait — comme la conférence de La Havane — le principe de
coopération, mais ceci est refusé par les chefs d'État au profit
de la logique de la concurrence et du libre-échange.
C'est
la naissance d'un système pathocratique qui va évoluer jusqu'en 2020
avec la crise de la COVID : un système qui présente une façade
démocratique, qui se présente comme étant le camp des valeurs, le
camp du bien, mais qui en réalité est une union centralisée
évoluant avec une stratégie des petits pas, pour un projet
contraire à l'intérêt des peuples.
Cette
stratégie des petits pas s'est déployée depuis 1984 jusqu'à la crise de la COVID, faisant disparaître les bénéfices
acquis durant la période 1957–1984.
III. Les occasions manquées après la chute
du communisme (1990–2009)
En
1990, dans la suite des accords d'Helsinki, c'est la Charte de Paris.
Puis il y a une troisième occasion manquée, dans la période 1991–1999,
suite
à la chute du communisme. La Russie est demandeuse pour intégrer à
la fois les institutions européennes et même l'OTAN, mais on lui
oppose un refus.
Dans
le même temps, en 1991 a lieu la guerre entre la Croatie, la Serbie
et la Bosnie. Et en 1999, la guerre illégale de l'OTAN contre la
Serbie — une intervention qui clôturera l'espoir de réintégration
de la Russie en Europe.
À
partir de 1999, un nouveau système pathocratique se met en place avec
l'OTAN, suite à la guerre contre la Serbie, et avec également le
partenariat de l'OTAN avec l'Ukraine dès 1997, dans le but
d'affaiblir la Russie et de mener une guerre par procuration contre la Russie — dans la suite de la doctrine Brzezinski.
Ce
système pathocratique fait disparaître en quelque sorte les espoirs
liés à la Charte de Paris, aux accords d'Helsinki et à la première
conférence internationale de la paix.
L'Union européenne et l'OTAN
sont étroitement associées, formant ainsi deux systèmes
pathocratiques qui se renforcent mutuellement. Par ailleurs, en 2004,
l'élargissement de l'Union européenne à des pays russophobes a
renforcé ce système pathocratique.
Une
autre occasion manquée en 2009 avec le rapport Tagliavini, qui
préconise un rapprochement avec la Russie et le rétablissement des
négociations et de la diplomatie.
IV. La trajectoire vers l'effondrement
Sans
que la société civile et sans que les populations puissent exprimer
leur propre choix, l'Europe évolue de façon inexorable depuis 1984
toujours dans la même direction, vers l'effondrement de l'Union
européenne, avec :
- La
désindustrialisation, la paupérisation, les pertes de
souveraineté.
- Le
renoncement politique et économique au profit de débats sur les
enjeux sociétaux comme l'euthanasie.
- La
perspective d'une guerre contre la Russie en 2029.
- Le contrôle
de l'information, l'extorsion du consentement comme on l'a vu pour
la crise de la COVID-19, l'évolution vers un contrôle social, la
division de la population entre vaccinés et non-vaccinés, entre la
gauche et la droite, alors que dès sa création, le Parlement
européen est structuré sur une majorité sociale-libérale.
- La
vassalisation des États envers les États-Unis et les marchés
financiers.
- La
disparition du modèle social européen, la disparition des nations
dans une Union européenne centralisatrice, et la perspective d'une
Union européenne à 37 en 2030 avec l'intégration des Balkans et
de l'Ukraine.
Tout
ceci implique la nécessité de dissoudre l'Union européenne et
l'OTAN.
V. Accompagner la troisième mutation
En
réalité, le véritable choix aurait été celui d'accompagner la
troisième mutation, dont les prémices remontent à 1899 avec la
première conférence sur la paix, et à 1900 avec la découverte de
la physique quantique.
Ceci
nécessite un travail sur l'ombre — sur l'ombre de l'Union
européenne, sur l'ombre des pays européens — comprendre les
mécanismes d'apparition d'une pathocratie. Or, par définition, dans
un système pathocratique, les dirigeants ne peuvent pas se confronter
à ce travail, et par ailleurs, une grande partie de la société
reste dans le déni d'une pathocratie. Il y a donc de nombreux
obstacles pour se libérer d'un système pathocratique.
Si
les conditions étaient réunies pour accompagner cette troisième
mutation — que ce soit du fait d'un rejet de nos soi-disant élites,
des révoltes sociales ou des changements de régime en Europe, en
Angleterre, en France, en Allemagne — après la disparition de la
pathocratie de l'Union européenne, il resterait celle de l'OTAN.
Il
s'avère qu'en 2025, on a vu l'amorce d'un désengagement américain
de l'OTAN, ce qui serait tout à fait bénéfique pour que cette
pathocratie disparaisse. Il faudrait prendre conscience également que
l'élargissement de l'Union européenne à des pays russophobes a été
quelque chose de négatif.
La
libération de l'emprise des systèmes pathocratiques permettrait à
l'Europe de réaliser son propre programme en lien avec la
spécificité de son identité. Ce programme n'est ni celui des
États-Unis, ni celui de la Russie. C'est la prise en compte des
valeurs de chacun des quatre systèmes familiaux pour aboutir à la
conjonction des opposés.
VI. Les dates fondatrices et les principes
d'une nouvelle Europe
Les dates fondatrices de la 3ème mutation
- 1899
— La première conférence de la paix : promotion de la
diplomatie, du règlement pacifique des différends, de la médiation
avec des commissions internationales d'enquête et des conventions
d'arbitrage.
- 1900
— La découverte de la physique quantique : remise en question du
matérialisme, en écho avec le développement de la pratique
philosophique née en même temps que la démocratie en Grèce. Ceci
correspond aux besoins spirituels, aux besoins d'accomplissement de
soi.
- 1948
— La conférence de La Havane : promotion de la coopération.
- 1975
— Les accords d'Helsinki : assurer un espace de sécurité,
développer la coopération, la compréhension et la confiance
mutuelle.
- 1984
— Le traité Spinelli : promotion de la coopération.
- 1990
— La Charte de Paris : acter enfin réellement la fin de la guerre
froide et régler de façon pacifique les différends.
- 1991–1999
— La période d'ouverture avec la Russie.
- 2009
— Le rapport Tagliavini : pour une réconciliation avec la Russie.
Toutes
ces dates correspondent à la prise en compte des besoins de base,
des besoins de sécurité, des besoins économiques et sociaux des
populations. Entrer dans cette troisième mutation correspondrait à
un processus d'humanisation de nos sociétés.
Les principes d'une nouvelle communauté
européenne
Il
convient de faire un choix par référendum : rester un pays
indépendant ou fonder une nouvelle communauté européenne dont les
valeurs seraient les suivantes :
- Retrouver une souveraineté (monnaie, économie, technologies, santé, agriculture..)
- Refonder la démocratie, avec des décisions prises au plus près
des citoyens et dans leur intérêt, tout en empêchant le retour d'une
pathocratie
- Répondre aux besoins économiques et sociaux tout en préservant et en améliorant la qualité de l'environnement
- Le rejet de
toute tentation hégémonique et prédatrice.
- Le rejet du
néolibéralisme et du libre-échange dogmatique.
- Le retour à
l'éthique et à un ordre fondé sur le droit.
- Le
polycentrisme, la coopération, la conjonction des opposés.
- La
subsidiarité ascendante : ce sont les États qui doivent décider
de ce que la structure supérieure doit réaliser.
- La lutte
contre la corruption, le contrôle des mouvements de capitaux,
l'union douanière.
- L'intégration
dans un monde multipolaire.
- Répondre
aux besoins de sécurité par la création d'un espace de sécurité
commune avec la Russie dans le cadre de l'OSCE, et le respect des
accords de 1899, 1975 et 1990.
Les critères d'admission
Les
critères d'admission dans cette communauté seraient non seulement
des critères économiques, mais également des critères
géopolitiques — à savoir renoncer à la projection de l'ombre sur
la Russie pour se confronterà l'ombre, à ses propres responsabilités
européennes, ce qui correspond à un processus de réconciliation
préalable à la conjonction des opposés.
De
ce fait, les pays enfermés dans une russophobie s'excluraient de
facto de cette communauté — on pense en particulier à la
Grande-Bretagne, à la Pologne, aux Pays Baltes, à l'Ukraine — ou
en tout cas le temps que ces pays amorcent ce processus de
réconciliation.
Conclusion : conjoindre science et conscience
Il
s'agit enfin de se libérer du matérialisme pour conjoindre science
et conscience — réunir les sciences tournées vers la matière et
celles tournées vers l'esprit : la psychologie, la philosophie, la
spiritualité. Ceci relève à la fois d'un travail individuel sur la
prise en compte de l'ensemble des besoins de tout être humain, dont
les besoins spirituels et les besoins d'accomplissement de soi, et au
niveau des politiques des États, du rejet de la volonté de contrôle
de l'information et du contrôle social, pour mener des politiques
visant à l'humanisation de nos sociétés.