L'Union européenne contre les peuples et l'idée d'Europe 

transcription partielle de la vidéo      (cette page se trouve dans le chapitre La construction européenne)

Les objectifs théoriques de l'Europe

Des objectifs cachés ? L'évolution vers une fédéralisation complète ?
50 personnalités ont demandé un referendum sur la possible évolution vers une fédéralisation complète d'une Union élargie à 37 qui se prépare à l'insu des français (article du Figaro du 23/04/24). Cela pose la question de l'opacité des processus d'élargissement, et plus globalement, de l'opacité de la construction de l'Europe et de son but.
Des réformes institutionnelles sont prévues pour préparer un nouvel élargissement à l'Est :
Selon Mario Draghi, ex président de la Banque Centrale Européenne (BCE), l'Europe doit devenir un Etat, avec une disparition des Etats nations.
L'unanimité est requise pour la politique étrangère et de sécurité commune. Cette règle est déjà bafouée en 2025 avec la volonté de faire abstraction du veto hongrois pour avancer.

L'élargissement à échéance de 2030 concerne les pays suivants : Ukraine, Moldavie (Géorgie ?), Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie (Kosovo, Turquie ?). Sont déjà membres de l'OTAN : Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Turquie


1/ Quelques grandes dates

1947 : Traité de Dunkerque entre le Royaume-Uni et la France. Le but est de se protéger contre l'Allemagne.

1948 : Traité de l'Union Occidentale entre France Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas Luxembourg. Le but de l'UO : se protéger contre l'Union soviétique.

1948 : La Charte de la Havane est signée par 56 pays dont 15 pays européens : Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg (5 des 6 pays de la future CEE), Autriche, Danemark, Grèce, Irlande, Portugal, Royaume-Uni et Irlande du Nord, Norvège, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie. Elaborée par le Conseil économique et social de l'ONU, elle prévoyait une Organisation internationale du commerce fondée sur la coopération et un contrôle des mouvements de capitaux.

1952 : la Communauté européenne du charbon et de l'acier (Allemagne, Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg) est un premier pas pour réconcilier la France et l'Allemagne et prévenir le risque d'une nouvelle guerre. C'est le premier modèle d'intégration européenne. Son but est de favoriser une coopération pour la gestion des ressources en charbon et acier.

1954 : suite au rejet d'une Communauté européenne de défense (contrôlée par l'OTAN), l'Union Occidentale devient l'UEO (Union de l'Europe Occidentale). Elle restera dépendante de l'OTAN.

Le Traité de Rome en 1957 : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas créent une CEE (Communauté Economique Européenne) basée sur des dogmes économiques :
Ce projet censé relever le niveau de vie, et préserver la paix.

On a inscrit dans le traité (et les suivants) des positions néo-libérales, sachant qu'auparavant les dérégulations ont provoqué des crises financières ou la spéculation.
On aurait pu choisir la coopération et un contrôle des mouvements de capitaux, selon les propositions de la Charte de la Havane de 1948.

L'Association européenne de libre-échange AELE est créée en 1960 à l'initiative du Royaume-Uni (avec la Norvège, la Suède, le Danemark, le Portugal, l'Autriche). L'objectif est d'établir une zone de libre-échange non seulement entre ses membres, mais aussi au sein de l'Europe et dans le monde.

La Charte de la Havane de 1948 proposait au contraire une régulation du libre-échange par des mesures de protection. Les membres de l'AELE vont progressivement entrer dans la CEE et celle-ci va s'engager dans une politique de libre-échange avec le reste du monde.

D'un tarif douanier et d'une la préférence communautaire, la CEE évoluera vers la zone de libre-échange la plus ouverte du monde (malgré une concurrence déloyale). L'Europe s'est désarmée sur le plan économique (tout comme elle est désarmée sur le plan de la défense). En 1991, Maurice Allais, prix nobel d'économie, disait : « La politique libre-échangiste de l'administration de Bruxelles est fondamentalement nocive ».

En 1963, le traité de l’Élysée devait réconcilier la France et l'Allemagne. Mais suite au mécontentement des Etats-Unis, le Bundestag ajoute un protocole :
Cette modification est un revers pour de Gaulle qui voulait une Europe indépendante et s’opposait à l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE

Le compromis de Luxembourg (1966). Suite à la politique de la chaise vide destinée à paralyser le fonctionnement de la CEE, le compromis de Luxembourg autorise l'unanimité pour des décisions qui touchent aux intérêts vitaux d'un Etat membre.

La primauté du droit européen (1964) sur le droit national. A présent, la majeure partie des lois votées par l'Assemblée nationale est d'origine Bruxelloise.

1979 : le Parlement européen. C'est la première élection au suffrage universel direct. Contrairement aux Parlements nationaux de l'époque qui restent sur une opposition gauche / droite, le Parlement européen (PE) se structurera sur un clivage entre une majorité social-libérale (extrême-centre) d'un côté, extrême gauche et extrême droite de l'autre. Aucune alternance politique depuis 1979. Ce clivage apparaitra plus tard en France lors du débat pour Maastricht et surtout avec la présidence d'E. Macron

La même année est créé le Système Monétaire Européen. Il a permis de stabiliser les taux de change entre pays européens. Il est basé sur l'ECU, un panier de monnaie, avec une fluctuation minime des taux de change.
L'ECU : une unité monétaire stable qui aurait pu évoluer vers une monnaie commune (et non une monnaie unique), dont le fonctionnement se base sur
Le tournant de 1984

Elaboré par la commission institutionnelle du PE, le projet de traité instituant l'Union européenne, projet Spinelli, est adopté par le PE (majorité de 76 %). C'est un texte court (30 pages), compréhensible par tous. Il incite à la coopération des peuples et des États, avec un objectif de restructuration et de renforcement industriels de l'Union face aux perturbations profondes que la concurrence internationale peut provoquer. Il développe des compétence s en matière sociale, l'environnement, la santé, protection des consommateurs, coordination de l'assistance réciproque en cas d'épidémies. Le traité introduit la subsidiarité (on délègue à l'Europe ce qui ne peut pas être réalisé à l'échelle nationale). Les Etats délèguent une partie de leurs pouvoirs, en revanche, l'Europe doit se doter d'une constitution démocratique (et devrait être exempte de corruption, si
on applique les principes du Conseil de l'Europe). Mais ce traité est refusé des chefs d'Etat et de gouvernement.

Sous l'impulsion de Jacques Delors qui, en 1984, avait dérégulé le secteur bancaire en abrogeant la loi Pleven (cette loi avait séparé les banques d'affaires et les banques de dépôt), les chefs d'Etat et de gouvernement signent l'Acte Unique et son orientation néo-libérale. L'Acte Unique a été élaboré avec une participation marginale du Parlement européen et un important lobbying des multinationales.

L'unanimité est nécessaire pour les mesures constituant un recul en matière de libération des mouvements de capitaux : il est quasi impossible de revenir en arrière.
La libre circulation des capitaux (la vision anglo-saxonne s'impose) est effective en 1990, mais sans harmonisation fiscale au préalable. Il va s'en suivre une spéculation sur les monnaies. La finalité de l'Europe se résume à la construction d'un grand marché, aux principes de la théorie néo-libérale, à la dérégulation, à la libre circulation des capitaux, au libre-échange, à la concurrence. Il n'y a pas de vision géopolitique.

1992 : Traité de Maastricht. C'est un traité « confus et illisible » (112 pages) à l'origine de la création de la Banque Centrale européenne (BCE). Il modifie la subsidiarité, sous une forme descendante : l'Europe décide de la répartition des compétences. Dans le traité Spinelli, la subsidiarité est ascendante : les Etats décident de la répartition des compétences.

Il y a une inscription dans le traité de critères économiques et monétaires issus d'une théorie économique néolibérale qui exclue toute autre approche économique.
Dans le passé, il y a eu des périodes d'inflation quand l'Etat créait de la monnaie pour financer un déficit budgétaire. Il en est résulté le dogme monétariste de l'approche néo-libérale : « il faut retirer à l'Etat la gestion de la politique monétaire » ! On est là à l'origine de la création et de la montée de la dette.

Maastricht, c'est la constitutionalisation du néo-libéralisme, la privatisation de la création monétaire, avec un but exclusif de contrôle de l'inflation (pas la croissance) et une absence de contrôle politique sur la BCE (la vision allemande s'impose), c'est le sacrifice de la politique monétaire nationale. C'est une disparition du politique.
L'intérêt des multinationales et de la finance est d'avoir une libre circulation des capitaux et un taux de change fixe. On aurait pu faire d'autres choix :
Maastricht était un referendum tronqué. Un véritable referendum aurait abordé des solutions diverses :
Le traité a été adopté de justesse à 51% en France grâce à une forte propagande : « Etre pour l'Europe, c'est être pour Maastricht » « Voter contre Maastricht, c'est être anti européen ». Les danois rejettent le traité. Suite à des négociations avec la Commission européenne, le traité est adopté l'année suivante lors d'un second referendum....
Le choix de la monnaie unique était un choix trop rapide, mais qui répondait aux besoins du marché (avec la liberté de mouvement des capitaux et la concurrence). Il a privé les pays de leur politique monétaire et a créé une divergence entre pays du Nord et du Sud.

On aurait pû d'abord construire une union politique, faire converger les politiques fiscales, budgétaires et sociales, mettre en place une monnaie commune, avant d'envisager une évolution vers une monnaie unique.

Le contexte de Maastricht

Eté 91 : conflit entre Serbie et Croatie (frontière entre Empire Romain d'Orient et d'Occident) qui conduit à l'éclatement de la fédération Yougoslave. Cela induit une crise diplomatique entre la France (soutient la Serbie) et l'Allemagne (soutient la Croatie). L'Union de l'Europe Occidentale (UEO) est paralysée du fait d'une opposition entre d'un côté la France, et de l'autre le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les Etats-Unis interviennent suite à l'impuissance de l'Europe.

En 1994, le rapport Herman, le deuxème rapport de la commission institutionnelle du Parlement européen, dénonce le déficit démocratique de l'Europe ainsi que le côté confus et illisible du traité de Maastricht. Il propose diverses solutions et en particulier un modèle fédéral décentralisé ayant pour but de renforcer la coopération entre les États. Et de nouveau, ce rapport est ignoré par les chefs d'état et de gouvernement.

Le Traité d'Amsterdam (1997) et de Nice (2001) avaient en particulier comme objectif d'assurer un bon fonctionnement des institutions dans une Europe élargie. Le traité d'Amsterdam fait entrer l'immigration dans les compétences de l'UE. En 2001, un referendum est organisé dans un seul pays pour ratifier le traité de Nice. L'Irlande vote contre. Après des négociations avec la Commission européenne, l'Irlande votera pour le traité lors d'un second referendum....

2005 : le Traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE) aussi appelé Rome II. Il fait 105 pages. Le referendum est un referendum tronqué puisque les autres modalités de construction de l'Europe sont ignorées. De plus, le refus du referendum (France et Pays-Bas) n'a pas été pris en compte. Selon Valéry Giscard d'Estaing, l'intégralité des propositions du TCE se retrouve dans le Traité de Lisbonne de 2009 mais dans un ordre inversé.

2008 : la crise financière. Les Etats (les européens) ont payé la facture de la crise financière. Il y a privatisation des gains financiers (quand tout va bien) et socialisation des pertes (en cas de crise). Suite à cette crise, il n'y a pas eu de réforme financière. On aurait pu séparer les banques d'affaires et les banques de dépôt (projet enterré en 2017 par la Commission européenne), réguler la circulation des capitaux, taxer les mouvements spéculatifs, favoriser une convergence de la fiscalité, supprimer les paradis fiscaux dans l'Europe..

2009 : le traité de Lisbonne. Il fait 283 pages. C'est une copie du TCE. Contrairement aux autres traités qui sont signés dans la ville qui correspond au nom du traité, ce traité est signé à Rome comme si c'était la reprise du traité de Rome 2. Il interdit à l'UE et à tout Etat membre de se porter au secours d'un pays de la zone euro en difficulté (la BCE avait sauvé de la faillite les banques en 2008) : c'est une rupture de solidarité entre Etats membres. Le traité confirme la place de la défense européenne dans le cadre de l'OTAN. L'Irlande le rejette par referendum en 2008 à 53 % mais un second referendum est organisé en 2009 : il sera adopté suite à des négociations avec la Commission européenne....

Fin 2009 : c'est crise de la dette grecque, liée à l'irresponsabilité budgétaire du gouvernement, mais les comptes publics sont maquillés par Goldman Sachs qui empoche des commissions juteuses et va même spéculer contre la dette grecque ! La BCE n'intervient pas. Ce sera l'intervention du FMI avec des mesures économiques drastiques, pour protéger les banques allemandes et françaises, plutôt que pour redresser l'économie de la Grèce qui ne sortira de la tutelle du FMI qu'en 2018.

A l'occasion de la crise chypriote en 2013, l'épargne privée sera ponctionnée.

En 2012, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance introduit la possibilité de sanctions contre des Etats et de délation d'un Etat envers un autre si non respect des règles budgétaires. La notion de démocratie est remplacée par la notion de gouvernance par des chiffres et des règles pour adapter les institutions à l’esprit néo-libéral des traités.

En 2016, il y a le referendum sur le Brexit (la sortie du Royaume-Uni aurait dû être un signal fort pour amener à un questionnement sur les défauts et défaillances de l'Union européenne). La même année, il y a aussi un referendum aux Pays-Bas sur accord UE / Ukraine négocié entre 2007 et 2012 : les Pays-Bas votent contre l'accord. Ce refus sera contourné l'année suivante par une ratification du Sénat néerlandais....

2018 : Le Code sur la désinformation a pour objectif de lutter contre ce qui est qualifié de « désinformation », de la part de pays comme la Chine et la Russie (on ne parle pas ni des Etats-Unis ni du Royaume-Uni qui ont contribué à déstabiliser l'UE via l'Ukraine), et contre les théories complotistes... Ce code est renforcé en 2022, puis le Parlement européen a créé une commission sur le « bouclier démocratique européen » fin 2024. Après la pensée unique sur le plan économique, il s'agit d'imposer une vérité unique au niveau de l'information.

En guise de bilan :

Au niveau institutionnel

Au niveau législatif, le Parlement européen n'a pas le droit d'initiative, ce droit est réservé à la Commission européenne (CE) dont les membres ne sont pas élus. Le Parlement européen a donc peu de pouvoir.

Il y a un intense lobbying des multinationales (UNICE, ERT...) auprès de la Commission européenne depuis 1982.

Depuis 2020 et les contrats pour les vaccins Covid, la présidente de la CE abuse de ses prérogatives.

Le Conseil de l'Union européenne, à ne pas confondre avec le Conseil européen (chefs d'Etats et de gouvernements) ni avec le Conseil de l'Europe (organisation internationale distincte de l'UE). Il réunit les ministres des Etats selon les sujets traités. Il partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le Parlement européen (processus de codécision). Il définit le mandat de la Commission européenne dans une négociation internationale

Les pilotes de l'UE Ces institutions devraient être exemptes de corruption.
Scandales ou affaires autour des six Commissions européennes, de 1999 à 2025 (J. Santer, M. Marin, R. Prodi, M. Barroso, JC Juncker, U. Von Der Leyen).

La médiatrice de l'UE dénonce (12/2024) une culture quasi mafieuse au sein de la Commission européenne. Qatargate, Marocgate, ¼ des eurodéputés impliqués dans des affaires ou scandales (Le Monde, 31/01/2024). Fraude à la Cour des comptes européenne (K. Pinxten), scandale Eurostat...

Un bio-pouvoir européen : L'Agence européenne du médicament

L'Agence européenne du médicament
Corruption, défaillance répétée des agences de régulation (nombreux scandales sanitaires : Vioxx, OxyContin, Thalidomide, Distilbène, Depakine....)
Multiples condamnations pour Pfizer, qui détient le record de la plus forte amende jamais infligée par la justice. Et parmi les entreprises pharmaceutiques les plus condamnées, on retrouve GFK, Merck, Abbott, Johnson & Johnson, Teva, Servier, Eli Lilly, Novartis, Schering-Plough, Mylan, AstraZeneca, Sanofi...
Le Pr Peter GØtzsche expliquait en 2015 dans son livre (« Remèdes mortels et crime organisé ») comment l'industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé.
Si on reprend l'historique sur le point de la préparation face à une éventuelle pandémie :
On se dirige ainsi vers une disparition des Nations, une Europe transnationale dirigée par une techno-structure dépourvue de légitimité démocratique, de plus en plus pléthorique au fur et à mesure des élargissements, et qui abuse depuis 2020 de ses prérogatives

Sur le plan économique

L'Europe a privatisé le secteur bancaire alors que les gains issus de la création monétaire doivent revenir à la collectivité. Pour M. Allais prix nobel d'économie, la création monétaire doit relever uniquement de l’Etat Avec une libre circulation des capitaux, la perte de souveraineté monétaire et un monétarisme dogmatique centré uniquement sur la stabilité des prix, les Etats se retrouvent sous la coupe des marchés financiers et dans une situation de servitude.

Une pensée unique : c'est le modèle néo-libéral depuis 1986, soutenu par une majorité sociale-libérale au Parlement européen, sans aucune alternance politique et économique,
pour mettre en place un marché mondialisé dans l'intérêt des multinationales et de la finance, et faire la promotion du libre-échange vis-à-vis des pays extérieurs alors que les coûts de production en Europe sont supérieurs.

Il y a une mainmise de la finance sur l'économie (l'économie réelle ne représente que 2% mais 98% des échanges s'effectuent au travers des marchés financiers), une désindustrialisation, un décrochage de la zone euro par rapport aux Etats-Unis, une augmentation des inégalités, une perte de souveraineté dans des domaines stratégiques (la plupart des médicaments viennent d'Inde ou de Chine).

En 2023, l'Europe connait récession et inflation.

Un bilan catastrophique

Disparition insidieuse de la démocratie depuis 1984. La constitutionnalisation du néo-libéralisme a provoqué une concurrence entre Etats au sein même de l'Europe du fait de l'absence de régulation de la circulation des capitaux, de l'absence d'harmonisation fiscale, de la présence de paradis fiscaux, et d'une monnaie unique qui a supprimé toute possibilité de politique monétaire autonome pour chaque Etat. Les Etats sont sous contrôle des marchés financiers.

On considère que l'Etat ne sait pas gérer, on limite ses pouvoirs (privatisation de la création monétaire). « Le marché va tout régler ». En réalité, la dérégulation financière, censée assurer la prospérité de l'Europe, n'est qu'un mythe et une imposture. Cela profite uniquement aux multinationales, au secteur privé et aux banques (libre circulation des
capitaux, évasion fiscale, paradis fiscaux, dérégulation, libre-échange, baisse de la fiscalité sur le capital...). Mais le marché est impuissant si crise financière, pandémie...

L'explosion de la dette publique française est liée à la perte de souveraineté monétaire (processus initié dès 1973, définitivement acté avec le traité de Maastricht), les dépenses indues (refinancement des banques lors de la crise financière de 2008, gestion catastrophique de la crise Covid 19) et la diminution des recettes du fait de l'atonie de la croissance, de l'optimisation fiscale et de la fraude fiscale, au bénéfice des multinationales, de la finance et des plus riches. Avec en conséquence une augmentation des inégalités, la dégradation des services publics (dégradation du système éducatif, de la santé...).

Absence d'une vision géopolitique indépendante.

Incapacité à nouer des relations apaisées avec des voisins proches, Russie, Turquie (partition de Chypre depuis 1974). Pourtant, depuis 1991, Russie et Europe dialoguent au sein du conseil de coopération Nord-Atlantique et Russie, et de l'Acte fondateur OTAN-Russie en 1997.

On a eu une perspective de réconciliation avec la Russie entre 1997 et 1999 : l'accord de partenariat et de coopération entre la Russie et l'Union européenne de 1994 est effectif fin 1997, il est censé mettre en place les conditions de la création à terme d'une zone de libre-échange. Mais Bruxelles a tendance à imposer ses règles et ses normes à la Russie, à la convertir au modèle européen. Puis le rapprochement UE / Russie est interrompu en mars 1999 suite à la campagne militaire en Serbie de l'OTAN, et à son élargissement à 3 pays en 1999.

La guerre de l'OTAN est une violation du droit international, une guerre illégale sans mandat des Nations-Unis, mais présentée comme une guerre « juste et morale ». De défensive, l'OTAN devient une structure offensive : 78 jours de bombardement aérien sur la Serbie. De nombreux cancers apparaitront suite à l'utilisation de munition à uranium appauvri. La guerre n'a pas réglé le problème des balkans (mais a permis l'installation d'une base de l'OTAN au Kosovo)

Dans le but de couper les liens énergétiques entre la Russie et l'UE, la CIA soutient les mouvements islamistes en Tchéchénie, entrainant une réaction de la Russie avec la seconde guerre de Tchéchénie en 1999 (la destruction du gazoduc Nord Stream en septembre 2022 relève de la même politique américaine).

En 2003 : invasion de l'OTAN en Irak, Accords de Berlin Plus qui formalisent les relations entre l'OTAN et l'UE

2004 : 7 autres pays européens adhèrent à l'OTAN

2007 : rupture avec le discours de Poutine à Munich

Une Europe sous la coupe des Etats-Unis

Le but des Etats-Unis est
En septembre 2023, on a même tenté de nommer une américaine, Fiona Scott Morton, à la puissante Direction générale de la concurrence de la Commission européenne !
Selon le ministre des affaires étrangères de la Pologne (ce pays a pris la présidence tournante du Conseil de l'UE en janvier 2025), l'UE doit être en « harmonie stratégique avec les Etats-Unis ».

L'OTAN

La devise de l'OTAN « Keep the Soviet Union out, the Americans in, and the Germans down » : contrôler et assujettir l'Europe.
10 pays adhèrent à l'OTAN entre 1999 et 2004 (encerclement progressif de la Russie, à comparer à la crise des missiles de Cuba en 1962). La diabolisation de la Russie est relayée par le Royaume-Uni, Pologne et Pays Baltes. A la Commission européenne nommée en décembre 2024, une estonienne dirige la diplomatie de l'UE et un lituanien la défense ....

L'Ukraine, un pays écartelé entre Russie et Occident (entre Eglise orthodoxe et Eglise catholique). Liens étroits (histoire, économie) avec la Russie, tandis que les Etats-Unis financent depuis 1991 des partis politiques pro-européens par l'intermédiaires d'ONG.Elle aurait pu évoluer vers un Etat fédéral neutre, démilitarisé, commerçant dans un dialogue tripartite avec l'UE et la Russie. Mais refus américain (2006) d'une proposition française de « neutralisation » de l'Ukraine gérée par le Conseil OTAN - Russie.
Refus de l'UE en février 2013 pour ce commerce tripartite.

Avec le coup d'Etat de Maïdan, l'Ukraine bascule vers l'Occident fin 2013. En réaction, la Russie annexe la Crimée en 2014. Suite à la guerre dans le Donbass depuis 2014, l'Allemagne et la France n'ont pas fait respecter les accords de Minsk afin de donner du temps à l’Ukraine pour se réarmer. La responsabilité de la guerre en Ukraine incombe aux Etats-Unis, et à une Europe alignée sur la politique américaine. Quant à l'Ukraine, elle a retiré le russe des langues officielles et refusé une large autonomie aux régions russophones (formule Steinmeier, 2019).

« Guerre géopolitique des Etats-Unis contre la Russie, agression de la Russie contre l'Ukraine sur le terrain » R. Falk, professeur américain de droit international.
Comme l'a reconnu le secrétaire d'État américain Marco Rubio le 5 mars 2025, il s'agit d'une guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie.
Un accord de paix après deux mois de guerre a été bloqué (B. Johnson) : les Occidentaux voulaient la guerre avec la Russie. En mars 2025, la France, le Royaume-Uni et d'autres pays européens ne veulent toujours pas la paix. L'UE est entrainée dans une guerre contre la Russie en suivant la politique des Etats-Unis : utiliser l'Ukraine pour empêcher un rapprochement entre UE et Russie.

Les sanctions contre la Russie profitent aux Etats-Unis et contribuent au risque d'effondrement de l'UE.

Le secrétaire général de l'OTAN (Marc Rutte) a déclaré devant le Parlement européen (13/01/2025) que l'UE devait rogner sur les budgets sociaux (retraite et santé) pour financer les dépenses d'armement. De plus, toujours selon Marc Rutte (23/01/2025), les armes américaines doivent être payées par l'Europe.
L'Europe est intimement liée à l'OTAN : d'anciens secrétaires généraux de l'OTAN ont tenu un rôle important dans la construction européenne (Paul-Henri Spaak, Joseph Luns, Javier Solana). Seul et dernier acte de résistance en 2003 : Chirac, Schröder, Poutine contre la guerre de l'OTAN en Irak.
Avec le grand élargissement à l'est en 2004, la domination de l'Allemagne (elle-même sous contrôle des Etats-Unis) sur l'Europe s'est intensifiée. Puis la politique de l'OTAN en Ukraine a détruit l'Allemagne avec l'augmentation des coûts de l'énergie.

L'Europe n'a pas le soutien des peuples.

L'abstention pour les européennes est d'environ 50% depuis 1999.
Loin des objectifs de redressement économique, de contrôle des prix et de paix, depuis 1984, l'Europe se construit dans l'opacité, avec une augmentation des inégalités, désindustrialisation, évolution vers une société de contrôle, des guerres (Serbie, Ukraine).

L'élaboration des traités se fait dans l'opacité. Modification quasi impossible (révision à l'unanimité). Disparition de la démocratie. Referendum rares, présentés de façon tronquée. On demande si besoin un second vote, ou bien on contourne le résultat du vote.

Comme l'a dit J.C. Juncker, président de la Commission européenne en 2015 : « Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

Perte des valeurs morales et éthiques, corruption, le respect du droit est à géométrie variable (Serbie 1999, Irak 2003...). D'où la montée en puissance des BRICS depuis 2009, contre l'Occident, l'hégémonie du dollar, les sanctions américaines unilatérales...

En 2025 les BRICS représentent 50 % de la population mondiale. Dans leur vision d'un monde unipolaire, les Etats-Unis doivent affaiblir l'Europe et les BRICS pour préserver l'hégémonie du dollar.

L'Europe est logiquement exclue des négociations pour la paix en Ukraine (l'Europe avait déjà fait preuve de son impuissance dans le conflit Yougoslave).
Déni de démocratie qui évolue de façon opaque et insidieuse depuis 1984 avec des simulacres d'élection au Parlement européen (facade démocratique), rares referendum (sous un mode biaisé et tronqué). Comme les traités constitutionalisent des théories économiques, il faudrait un doctorat en économie pour comprendre les traités. Il est donc inutile de demander l'avis du peuple.

Extorsion répétée de consentement de façon cachée, avec une succession de petits pas depuis 1984. Ce processus insidieux se dévoile au grand jour en 2020 avec la gestion de la crise de la Covid 19 par la peur et la désinformation. Cette gestion entérine la fin de la démocratie, et marque l'évolution vers une société de contrôle (libéralisme autoritaire, modèle chinois), prélude à une déshumanisation de nos sociétés.

Des milliards d'euros ont été dilapidés dans la gestion de la crise de la Covid 19, pour le seul bénéfice de l'industrie pharmaceutique.

De la propagande sur la Covid à celle sur l'Ukraine :

Réveil de la russophobie, assimiler la Russie à l'URSS, désinformation, supprimer tout débat et faire croire que la guerre débute en 2022 en occultant les faits depuis 1996, créer la peur : « la Russie va envahir l'Europe » alors que les troupes russes n'ont pas atteint le Dniepr après trois ans de guerre.
Diabolisation dans le cadre d'une lutte du « bien » (supposé être le néo-libéralisme) contre le « mal » (supposé être le modèle russe)
Pensée unique = disparition de la démocratie
Pas d'alternative au néo-libéralisme et au libre-échange
Pas d'alternative à la libre circulation des capitaux
Pas d'alternative à la monnaie unique
Pas d'alternative aux traités
Pas d'alternative aux injections à ARNm
Pas d'alternative à la guerre contre la Russie
Europe, économie, Covid 19, Russie : débat interdit

La disparition de la démocratie et l'évolution vers un système pathocratique

L'évolution pas à pas vers un système pathocratique depuis 1984 avec sa mise au grand jour en 2000 avec la gestion de la crise de la Covid 19 puis le développement de la russophobie et la perspective d'une guerre contre la Russie (se reporter à la page sur la pathocratie)

Comprendre l'identité européenne

Les 4 systèmes familiaux exogames présents dans l'aire européenne (selon les travaux d'Emmanuel Todd), qui forment 2 couples d'opposés
4 visions de la réalité : conflit des opposés, ou conjonction des opposés (se reporter à la page sur l'identité européenne)

La double-démocratie

Une réforme des institutions pour un nouveau système démocratique : un système polycentrique qui reflète la structuration de la France et de l'Europe sur des couples d'opposés (se reporter à la page sur la double-démocratie)



retour au sommaire