L'Union européenne contre les peuples et l'idée d'Europe
Les objectifs théoriques de l'Europe
-
Paix : l'Europe a été un immense champ de bataille, tant en
durée (guerre de Cent ans, guerre de 30 ans) qu'en nombre de conflits
(près de 160 conflits armés depuis 1740 jusqu'aux deux guerres
mondiales).
- Espace démocratique
- Croissance économique
- Contrôle des prix et maîtrise de l'inflation
- Leadership en matière d'innovation et de recherche
Des objectifs cachés ? L'évolution vers une fédéralisation
complète ?
50 personnalités ont demandé un
referendum sur la possible évolution vers une fédéralisation
complète d'une Union élargie à 37 qui se prépare à l'insu des
français (article du Figaro du 23/04/24). Cela pose la question de
l'opacité des processus d'élargissement, et plus globalement, de
l'opacité de la construction de l'Europe et de son but.
Des réformes institutionnelles sont
prévues pour préparer un nouvel élargissement à l'Est :
- plus de pouvoir à la Commission
européenne ?
- généraliser le vote à la majorité
qualifiée pour faire disparaitre la règle de l'unanimité
Selon Mario Draghi, ex président de la
Banque Centrale Européenne (BCE), l'Europe doit devenir un Etat,
avec une disparition des Etats nations.
L'unanimité est requise pour la
politique étrangère et de sécurité commune. Cette règle est déjà
bafouée en 2025 avec la volonté de faire abstraction du veto
hongrois pour avancer.
L'élargissement à échéance de 2030 concerne les pays suivants : Ukraine, Moldavie (Géorgie ?),
Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro,
Serbie (Kosovo, Turquie ?). Sont déjà membres de l'OTAN :
Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Turquie
1/ Quelques grandes dates
1947 : Traité de Dunkerque entre
le Royaume-Uni et la France. Le but est de se protéger contre
l'Allemagne.
1948 : Traité de l'Union
Occidentale entre France Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas
Luxembourg. Le but de l'UO : se protéger contre l'Union soviétique.
1948 : La Charte de la Havane est signée par 56 pays dont 15 pays
européens : Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg (5 des 6
pays de la future CEE), Autriche, Danemark, Grèce, Irlande,
Portugal, Royaume-Uni et Irlande du Nord, Norvège, Suède, Suisse,
Tchécoslovaquie. Elaborée par le Conseil économique
et social de l'ONU, elle prévoyait une Organisation
internationale du commerce fondée sur la coopération et un
contrôle des mouvements de capitaux.
1952 : la Communauté européenne
du charbon et de l'acier (Allemagne, Belgique, France, Italie,
Pays-Bas, Luxembourg) est un premier pas pour réconcilier la
France et l'Allemagne et prévenir le risque d'une nouvelle
guerre. C'est le premier modèle d'intégration européenne. Son
but est de favoriser une coopération pour la gestion des
ressources en charbon et acier.
1954 : suite au rejet d'une Communauté
européenne de défense (contrôlée par l'OTAN), l'Union
Occidentale devient l'UEO (Union de l'Europe Occidentale). Elle
restera dépendante de l'OTAN.
Le Traité de Rome en 1957 : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie,
le Luxembourg et les Pays-Bas créent une CEE (Communauté Economique
Européenne) basée sur des dogmes économiques :
- concurrence libre et non faussée
à l'intérieur de l'Europe (la vision allemande s'impose),
- libre circulation des capitaux à terme
(dérégulation de la circulation des capitaux),
- un marché commun avec un tarif
douanier envers les Etats tiers,
Ce projet censé relever le niveau de vie,
et préserver la paix.
On a inscrit dans le traité (et les
suivants) des positions néo-libérales, sachant qu'auparavant les
dérégulations ont provoqué des crises financières ou la
spéculation.
On aurait pu choisir la coopération et
un contrôle des mouvements de capitaux, selon les propositions de la
Charte de la Havane de 1948.
L'Association européenne de
libre-échange AELE est créée en 1960 à l'initiative du
Royaume-Uni (avec la Norvège, la Suède, le Danemark, le Portugal,
l'Autriche). L'objectif est d'établir une zone de libre-échange non
seulement entre ses membres, mais aussi au sein de l'Europe
et dans le monde.
La Charte de la Havane de 1948
proposait au contraire une régulation du libre-échange par des
mesures de protection. Les membres de l'AELE vont
progressivement entrer dans la CEE et celle-ci va s'engager dans une
politique de libre-échange avec le reste du monde.
D'un tarif douanier et d'une la
préférence communautaire, la CEE évoluera vers la zone de
libre-échange la plus ouverte du monde (malgré une concurrence
déloyale). L'Europe s'est désarmée sur le plan économique (tout
comme elle est désarmée sur le plan de la défense). En 1991,
Maurice Allais, prix nobel d'économie, disait : « La
politique libre-échangiste de l'administration de Bruxelles est fondamentalement nocive
».
En 1963, le traité de l’Élysée
devait réconcilier la France et l'Allemagne. Mais suite au
mécontentement des Etats-Unis, le Bundestag ajoute un protocole :
- étroite association entre l'Europe
et les États-Unis
- défense commune dans le cadre de
l'OTAN
- perspective de l'adhésion de la
Grande-Bretagne
- abaissement des barrières douanières
entre la CEE, la Grande-Bretagne et les États-Unis
Cette modification est un revers
pour de Gaulle qui voulait une Europe indépendante et
s’opposait à l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE
Le compromis de Luxembourg (1966). Suite à la politique de la
chaise vide destinée à paralyser le fonctionnement de la CEE, le
compromis de Luxembourg autorise l'unanimité pour des décisions qui
touchent aux intérêts vitaux d'un Etat membre.
La primauté du droit européen (1964) sur le
droit national. A présent, la majeure partie des lois votées
par l'Assemblée nationale est d'origine Bruxelloise.
1979 : le Parlement européen. C'est la première élection au
suffrage universel direct. Contrairement aux Parlements nationaux
de l'époque qui restent sur une opposition gauche / droite,
le Parlement européen (PE) se structurera sur un clivage entre une
majorité social-libérale (extrême-centre) d'un côté, extrême
gauche et extrême droite de l'autre. Aucune alternance
politique depuis 1979. Ce clivage apparaitra plus tard en France
lors du débat pour Maastricht et surtout avec la présidence d'E.
Macron
La même année est créé le Système Monétaire Européen. Il a permis de stabiliser les taux
de change entre pays européens. Il est basé sur l'ECU, un panier
de monnaie, avec une fluctuation minime des taux de change.
L'ECU : une unité monétaire
stable qui aurait pu évoluer vers une monnaie commune (et
non une monnaie unique), dont le fonctionnement se base sur
- la solidarité et la coopération
des banques centrales de tous les pays
- le Fonds européen de coopération
monétaire
Le tournant de 1984
Elaboré par la commission
institutionnelle du PE, le projet de traité instituant
l'Union européenne, projet Spinelli, est adopté par le PE
(majorité de 76 %). C'est un texte court (30 pages), compréhensible
par tous. Il incite à la coopération des
peuples et des États, avec un objectif de restructuration et
de renforcement industriels de l'Union face aux perturbations
profondes que la concurrence internationale peut provoquer.
Il développe des compétence s en matière sociale, l'environnement, la santé, protection des consommateurs,
coordination de l'assistance réciproque en cas d'épidémies. Le traité introduit la subsidiarité
(on délègue à l'Europe ce qui ne peut pas être réalisé à
l'échelle nationale). Les Etats délèguent une partie de
leurs pouvoirs, en revanche, l'Europe doit se doter d'une
constitution démocratique (et devrait être exempte de corruption,
si
on applique les principes du Conseil de
l'Europe). Mais ce traité est refusé des chefs d'Etat et de
gouvernement.
Sous l'impulsion de Jacques Delors qui,
en 1984, avait dérégulé le secteur bancaire en abrogeant la loi
Pleven (cette loi avait séparé les banques d'affaires et
les banques de dépôt), les chefs d'Etat et de gouvernement signent
l'Acte Unique et son orientation néo-libérale. L'Acte Unique a été élaboré
avec une participation marginale du Parlement européen et un
important lobbying des multinationales.
L'unanimité est nécessaire pour les
mesures constituant un recul en matière de libération des
mouvements de capitaux : il est quasi impossible de revenir en
arrière.
La libre circulation des capitaux (la vision anglo-saxonne s'impose) est
effective en 1990, mais sans harmonisation fiscale au préalable. Il
va s'en suivre une spéculation sur les monnaies. La finalité de
l'Europe se résume à la construction d'un grand marché,
aux principes de la théorie néo-libérale, à la
dérégulation, à la libre circulation des capitaux, au
libre-échange, à la concurrence. Il n'y a pas de vision géopolitique.
1992 : Traité de Maastricht. C'est un traité « confus et illisible » (112
pages) à l'origine de la création de la Banque Centrale européenne
(BCE). Il modifie la subsidiarité, sous une forme descendante :
l'Europe décide de la répartition des compétences. Dans le traité Spinelli, la
subsidiarité est ascendante : les Etats décident de la répartition
des compétences.
Il y a une inscription dans le traité de
critères économiques et monétaires issus d'une théorie
économique néolibérale qui exclue toute autre approche économique.
Dans le passé, il y a eu des périodes
d'inflation quand l'Etat créait de la monnaie pour financer
un déficit budgétaire. Il en est résulté le dogme
monétariste de l'approche néo-libérale : « il faut retirer
à l'Etat la gestion de la politique monétaire » ! On est là à l'origine de la création et de la montée de la dette.
Maastricht, c'est la constitutionalisation du
néo-libéralisme, la privatisation de la création monétaire, avec un but
exclusif de contrôle de l'inflation (pas la croissance) et une absence
de contrôle politique sur la BCE (la vision allemande s'impose), c'est le sacrifice de la politique monétaire nationale. C'est une disparition du
politique.
L'intérêt des multinationales et de la
finance est d'avoir une libre circulation des capitaux et un taux de
change fixe. On aurait pu faire d'autres choix :
- laisser aux pays la maîtrise de la
politique monétaire, contrôler l'inflation, séparer les banques
d'affaires et de dépôt, une discipline budgétaire, orienter
la création monétaire vers des activités productrices
- réguler la circulation des
capitaux, taxer les flux spéculatifs à court terme, favoriser la
coopération
- avec des taux de change maîtrisés sans
être parfaitement fixes sur le modèle du Système monétaire européen
Maastricht était un referendum tronqué. Un
véritable referendum aurait abordé des solutions diverses :
- Souverainisme
- Confédération avec des
coopérations à la carte
- Modèle fédéral coopératif
décentralisé
- Etat fédéral (fédéralisation et
disparition des Etats)
- Modèle hybride (2 et 4) de
Maastricht
- Un noyau dur au sein d'une Europe
élargie
Le traité a été adopté de
justesse à 51% en France grâce à une forte propagande : «
Etre pour l'Europe, c'est être pour Maastricht » « Voter
contre Maastricht, c'est être anti européen ». Les danois rejettent le traité. Suite
à des négociations avec la Commission européenne, le traité
est adopté l'année suivante lors d'un second referendum....
Le choix de la monnaie unique était un choix trop rapide, mais qui
répondait aux besoins du marché (avec la liberté de mouvement des
capitaux et la concurrence). Il a privé les pays de leur politique
monétaire et a créé une divergence entre pays du
Nord et du Sud.
On aurait pû d'abord construire
une union politique, faire converger les politiques fiscales,
budgétaires et sociales, mettre en place une monnaie commune, avant
d'envisager une évolution vers une monnaie unique.
Le contexte de Maastricht
Eté 91 : conflit entre Serbie et
Croatie (frontière entre Empire Romain d'Orient et d'Occident)
qui conduit à l'éclatement de la fédération Yougoslave.
Cela induit une crise diplomatique entre la France (soutient
la Serbie) et l'Allemagne (soutient la Croatie). L'Union de
l'Europe Occidentale (UEO) est paralysée du fait d'une
opposition entre d'un côté la France, et de l'autre le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
Les Etats-Unis interviennent suite à l'impuissance de l'Europe.
En 1994,
le rapport Herman, le deuxème rapport de la commission
institutionnelle du Parlement européen, dénonce le déficit
démocratique de l'Europe ainsi que le côté confus et illisible du
traité de Maastricht. Il propose diverses solutions et en particulier un
modèle fédéral décentralisé ayant pour but de renforcer la
coopération entre les États. Et de nouveau, ce rapport est ignoré
par les chefs d'état et de gouvernement.
Le Traité d'Amsterdam (1997) et de
Nice (2001) avaient en
particulier comme objectif d'assurer un bon fonctionnement des
institutions dans une Europe élargie. Le traité d'Amsterdam fait
entrer l'immigration dans les compétences de l'UE. En 2001, un referendum est organisé
dans un seul pays pour ratifier le traité de Nice. L'Irlande vote
contre. Après des négociations avec la Commission européenne,
l'Irlande votera pour le traité lors d'un second referendum....
2005 : le Traité
établissant une constitution pour l'Europe (TCE) aussi appelé Rome
II. Il fait 105 pages. Le referendum est un referendum tronqué puisque les
autres modalités de construction de l'Europe sont ignorées. De
plus, le refus du referendum (France et Pays-Bas) n'a pas été
pris en compte. Selon Valéry Giscard d'Estaing, l'intégralité
des propositions du TCE se retrouve dans le Traité de Lisbonne
de 2009 mais dans un ordre inversé.
2008 : la crise financière. Les Etats (les européens) ont payé la
facture de la crise financière. Il y a privatisation des gains
financiers (quand tout va bien) et socialisation des pertes (en
cas de crise). Suite à cette crise, il n'y a pas eu de réforme
financière. On aurait pu séparer les banques d'affaires et les
banques de dépôt (projet enterré en 2017 par la Commission
européenne), réguler la circulation des capitaux, taxer les
mouvements spéculatifs, favoriser une convergence de la fiscalité,
supprimer les paradis fiscaux dans l'Europe..
2009
: le traité de Lisbonne. Il fait 283 pages. C'est une copie du TCE.
Contrairement
aux autres traités qui sont signés dans la ville qui correspond au
nom du traité, ce traité est signé à Rome comme si c'était la
reprise du traité de Rome 2. Il interdit à l'UE et à
tout Etat membre de se porter au secours d'un pays de la zone euro en
difficulté (la BCE avait sauvé de la faillite les banques en 2008)
: c'est une rupture de solidarité entre Etats membres. Le traité
confirme la place de la défense européenne dans le cadre de l'OTAN.
L'Irlande le rejette par referendum en 2008 à 53 % mais un second
referendum est organisé en 2009 : il sera adopté suite à des
négociations avec la Commission européenne....
Fin 2009 : c'est crise de la dette
grecque, liée à l'irresponsabilité budgétaire du gouvernement, mais les
comptes publics sont maquillés par Goldman Sachs qui empoche
des commissions juteuses et va même spéculer contre la dette
grecque ! La BCE n'intervient pas. Ce sera l'intervention du FMI avec des
mesures économiques drastiques, pour protéger les banques
allemandes et françaises, plutôt que pour redresser
l'économie de la Grèce qui ne sortira de la tutelle du FMI qu'en
2018.
A l'occasion de la crise chypriote en 2013, l'épargne privée sera ponctionnée.
En 2012, le traité sur la stabilité, la
coordination et la gouvernance introduit la possibilité de sanctions
contre des Etats et de délation d'un Etat envers un autre si non
respect des règles budgétaires. La notion de démocratie est remplacée
par la notion de gouvernance par des chiffres et des règles pour
adapter les institutions à l’esprit néo-libéral des traités.
En 2016, il y a le referendum sur le
Brexit (la sortie du Royaume-Uni aurait dû être un signal fort pour amener à un
questionnement sur les défauts et défaillances de l'Union
européenne). La même année, il y a aussi un referendum aux Pays-Bas
sur accord UE / Ukraine négocié entre 2007 et 2012 : les Pays-Bas
votent contre l'accord. Ce refus sera contourné l'année suivante
par une ratification du Sénat néerlandais....
2018 : Le Code sur la désinformation a pour objectif de lutter contre ce qui est qualifié de «
désinformation », de la part de pays comme la Chine et la Russie
(on ne parle pas ni des Etats-Unis ni du Royaume-Uni qui ont
contribué à déstabiliser l'UE via l'Ukraine), et contre les
théories complotistes... Ce code est renforcé en 2022, puis le
Parlement européen a créé une commission sur le « bouclier
démocratique européen » fin 2024. Après la pensée unique sur le plan
économique, il s'agit d'imposer une vérité unique au niveau de
l'information.
En guise de bilan :
- on a fait le choix de la concurrence (CEE en 1957),
- on a refusé la coopération proposée
par la Charte de la Havane, le SME, le traité Spinelli, le rapport
Herman
- on a fait le choix de la libre circulation des capitaux (Acte
Unique en 1986)
- on a sacrifié la politique monétaire nationale (Maastricht en 1992)
- on a constitutionnalisé le néo-libéralisme
- il y a la rupture de solidarité entre Etats
(Lisbonne 2009)
- possibilité de délation entre
Etats (2012)
- contrôle de l'information (2018, 2022)
- seuls 2 débats (débats tronqués)
entre 1957 et 2025 ! Aucun débat sur le type d'Europe que nous
souhaitons
- les traités sont élaborés dans
l'opacité
- la pensée unique est imposée
- les élargissements sont décidés et
imposés, il n'y a pas de réflexion sur la finalité d'une Europe
élargie
- des referendum sont exceptionnellement
organisés, ils sont orientés, et on fait en sorte de
corriger le vote lorsqu'un peuple vote mal
Au niveau institutionnel
Au niveau législatif, le Parlement
européen n'a pas le droit d'initiative, ce droit est réservé à la
Commission européenne (CE) dont les membres ne sont pas
élus. Le Parlement européen a donc peu de pouvoir.
Il y a un intense lobbying des multinationales
(UNICE, ERT...) auprès de la Commission européenne depuis 1982.
Depuis 2020 et les contrats pour les
vaccins Covid, la présidente de la CE abuse de ses prérogatives.
Le Conseil de l'Union européenne, à ne pas confondre avec le
Conseil européen (chefs d'Etats et de gouvernements) ni avec
le Conseil de l'Europe (organisation internationale distincte de
l'UE). Il réunit les ministres des Etats selon les sujets traités.
Il partage le pouvoir législatif et budgétaire avec le
Parlement européen (processus de codécision). Il définit le mandat
de la Commission européenne dans une négociation internationale
Les pilotes de l'UE
- la Commission européenne (membres
non élus),
- la Cour de Justice de l'Union
européenne, un organe juridique autonome qui se réfère à l’esprit
des traités et étend le champ d’action communautaire en
maintenant un cap supranational et centralisateur.
- la Banque centrale européenne, un
organisme indépendant sans contrôle parlementaire
- le Conseil européen (chefs d'Etat et
de gouvernement)
Ces institutions devraient être
exemptes de corruption.
Scandales ou affaires autour des six
Commissions européennes, de 1999 à 2025 (J. Santer, M. Marin, R.
Prodi, M. Barroso, JC Juncker, U. Von Der Leyen).
La médiatrice de l'UE dénonce
(12/2024) une culture quasi mafieuse au sein de la Commission
européenne. Qatargate, Marocgate, ¼ des eurodéputés impliqués
dans des affaires ou scandales (Le Monde, 31/01/2024). Fraude à la Cour des comptes
européenne (K. Pinxten), scandale Eurostat...
Un bio-pouvoir européen : L'Agence européenne du médicament
L'Agence européenne du médicament
- contrôle la mise sur le marché des
médicaments
- n'appartient pas à l'UE (objet
juridique non identifié)
- financée à 86% par l'industrie
pharmaceutique (2019)
- condamnée dans l'affaire du
Mediator, a autorisé pour le Covid un produit inefficace et toxique
(remdesivir)
Corruption, défaillance répétée
des agences de régulation (nombreux scandales sanitaires :
Vioxx, OxyContin, Thalidomide, Distilbène, Depakine....)
Multiples condamnations pour Pfizer,
qui détient le record de la plus forte amende jamais infligée par
la justice. Et parmi les entreprises pharmaceutiques les plus
condamnées, on retrouve GFK, Merck, Abbott, Johnson & Johnson,
Teva, Servier, Eli Lilly, Novartis, Schering-Plough, Mylan,
AstraZeneca, Sanofi...
Le Pr Peter GØtzsche expliquait en
2015 dans son livre (« Remèdes mortels et crime organisé »)
comment l'industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé.
Si on reprend l'historique sur le point de la préparation face à une éventuelle pandémie :
- refus du Traité Spinelli
(1984) qui proposait une coordination de l'assistance en cas
d'épidémies.
- Acte unique (1986),
néo-libéralisme, concurrence, destruction des solidarités entre
Etats, destruction des Etats, et donc impréparation face au risque
d'épidémies
- On considère que les Etats sont
incapables de gérer le risque. Le 25 février 2021, l'UE
plaide pour un Accord sur les pandémies géré par une OMS
privatisée...
- En mai 2024, avec l'aide de
l'UE, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), financée à
85 % par le privé, a tenté de prendre le pouvoir sur les Etats
avec la modification du règlement sanitaire international et
l'Accord sur les pandémies.
On se dirige ainsi vers une disparition
des Nations, une Europe transnationale dirigée par une
techno-structure dépourvue de légitimité démocratique, de plus en
plus pléthorique au fur et à mesure des élargissements, et
qui abuse depuis 2020 de ses prérogatives
Sur le plan économique
L'Europe a privatisé le secteur
bancaire alors que les gains issus de la création monétaire
doivent revenir à la collectivité. Pour M. Allais prix nobel
d'économie, la création monétaire doit relever uniquement de
l’Etat Avec une libre circulation des capitaux, la perte de souveraineté monétaire et un
monétarisme dogmatique centré uniquement sur la stabilité des
prix, les Etats se retrouvent sous la coupe des marchés
financiers et dans une situation de servitude.
Une pensée unique : c'est le modèle néo-libéral depuis 1986,
soutenu par une majorité sociale-libérale au Parlement
européen, sans aucune alternance politique et économique,
pour mettre en place un marché
mondialisé dans l'intérêt des multinationales et de la finance, et faire la promotion du libre-échange
vis-à-vis des pays extérieurs alors que les coûts de production en
Europe sont supérieurs.
Il y a une mainmise de la finance sur
l'économie (l'économie réelle ne représente que 2% mais 98% des
échanges s'effectuent au travers des marchés financiers), une désindustrialisation, un décrochage de
la zone euro par rapport aux Etats-Unis, une augmentation des
inégalités, une perte de souveraineté dans des domaines
stratégiques (la plupart des médicaments viennent d'Inde ou
de Chine).
En 2023, l'Europe connait récession et
inflation.
Un bilan catastrophique
Disparition insidieuse de la démocratie
depuis 1984. La constitutionnalisation du néo-libéralisme a
provoqué une concurrence entre Etats au sein même de l'Europe du
fait de l'absence de régulation de la circulation des capitaux, de
l'absence d'harmonisation fiscale, de la présence de paradis
fiscaux, et d'une monnaie unique qui a supprimé toute possibilité
de politique monétaire autonome pour chaque Etat. Les Etats sont sous contrôle des marchés
financiers.
On considère que l'Etat ne sait pas
gérer, on limite ses pouvoirs (privatisation de la création
monétaire). « Le marché va tout régler ». En réalité, la
dérégulation financière, censée assurer la prospérité de
l'Europe, n'est qu'un mythe et une imposture. Cela profite uniquement aux
multinationales, au secteur privé et aux banques (libre circulation
des
capitaux, évasion fiscale, paradis
fiscaux, dérégulation, libre-échange, baisse de la fiscalité sur
le capital...). Mais le marché est impuissant si crise financière,
pandémie...
L'explosion de la dette publique
française est liée à la perte de souveraineté monétaire
(processus initié dès 1973, définitivement acté avec le traité
de Maastricht), les dépenses indues (refinancement des banques lors
de la crise financière de 2008, gestion catastrophique de la crise
Covid 19) et la diminution des recettes du fait de l'atonie de la
croissance, de l'optimisation fiscale et de la fraude fiscale, au
bénéfice des multinationales, de la finance et des plus riches.
Avec en conséquence une augmentation des inégalités, la
dégradation des services publics (dégradation du système éducatif,
de la santé...).
Absence d'une vision géopolitique
indépendante.
Incapacité à nouer des relations
apaisées avec des voisins proches, Russie, Turquie (partition de
Chypre depuis 1974). Pourtant, depuis 1991, Russie et Europe dialoguent au
sein du conseil de coopération Nord-Atlantique et Russie, et
de l'Acte fondateur OTAN-Russie en 1997.
On a eu une perspective de réconciliation avec la
Russie entre 1997 et 1999 : l'accord de partenariat et de coopération
entre la Russie et l'Union européenne de 1994 est effectif fin 1997,
il est censé mettre en place les conditions de la création à terme
d'une zone de libre-échange. Mais Bruxelles a tendance à imposer
ses règles et ses normes à la Russie, à la convertir au modèle
européen. Puis le rapprochement UE / Russie est interrompu en mars
1999 suite à la campagne militaire en Serbie de l'OTAN, et à son
élargissement à 3 pays en 1999.
La guerre de l'OTAN est une violation du droit international, une
guerre illégale sans mandat des Nations-Unis, mais présentée comme
une guerre « juste et morale ». De défensive, l'OTAN devient une
structure offensive : 78 jours de bombardement aérien sur la Serbie. De
nombreux cancers apparaitront suite à l'utilisation de munition à
uranium appauvri. La guerre n'a pas réglé le problème
des balkans (mais a permis l'installation d'une base de l'OTAN au
Kosovo)
Dans le but de couper les
liens énergétiques entre la Russie et l'UE, la CIA soutient les
mouvements islamistes en Tchéchénie, entrainant une réaction de la
Russie avec la seconde guerre de Tchéchénie en 1999 (la destruction
du gazoduc Nord Stream en septembre 2022 relève de la même
politique américaine).
En 2003 : invasion de l'OTAN en Irak,
Accords de Berlin Plus qui formalisent les relations entre l'OTAN et
l'UE
2004 : 7 autres pays européens
adhèrent à l'OTAN
2007 : rupture avec le discours de
Poutine à Munich
Une Europe sous la coupe des Etats-Unis
Le but des Etats-Unis est
- d'empêcher l'émergence d'un monde
multipolaire (Wolfowitz, 1992) et maintenir l'hégémonie du dollar
- d'empêcher un rapprochement entre
Europe et Russie. Pour les Etats-Unis (Brzezinski, Le grand
échiquier, 1997), il y a deux pays importants : l'Ukraine et
l'Azerbaïdjan. D'où les relations entre les Etats-Unis et l'Ukraine
depuis 1992, des partenariats stratégiques avec l'OTAN, et
l'implication de la CIA lors de la révolution de 2014 (Maïdan).
- affaiblir l'UE en l'élargissant
sans cesse, jusqu'aux Balkans, la Turquie, et l'Ukraine, avec
une extension conjointe de l'OTAN et une diabolisation de la Russie.
En septembre 2023, on a même tenté de nommer une
américaine, Fiona Scott Morton, à la puissante Direction générale
de la concurrence de la Commission européenne !
Selon le ministre des affaires
étrangères de la Pologne (ce pays a pris la présidence tournante
du Conseil de l'UE en janvier 2025), l'UE doit être en «
harmonie stratégique avec les Etats-Unis ».
L'OTAN
La devise de l'OTAN « Keep the
Soviet Union out, the Americans in, and the Germans down » :
contrôler et assujettir l'Europe.
10 pays adhèrent à l'OTAN entre
1999 et 2004 (encerclement progressif de la Russie, à comparer à
la crise des missiles de Cuba en 1962). La diabolisation de la Russie
est relayée par le Royaume-Uni, Pologne et Pays Baltes. A la
Commission européenne nommée en décembre 2024, une estonienne
dirige la diplomatie de l'UE et un lituanien la défense ....
L'Ukraine, un pays écartelé entre
Russie et Occident (entre Eglise orthodoxe et Eglise
catholique). Liens étroits (histoire, économie) avec la Russie,
tandis que les Etats-Unis financent depuis 1991 des partis
politiques pro-européens par l'intermédiaires d'ONG.Elle aurait pu évoluer vers un
Etat fédéral neutre, démilitarisé, commerçant dans un
dialogue tripartite avec l'UE et la Russie. Mais refus
américain (2006) d'une proposition française de «
neutralisation » de l'Ukraine gérée par le Conseil OTAN - Russie.
Refus de l'UE en février 2013 pour ce
commerce tripartite.
Avec le coup d'Etat de Maïdan,
l'Ukraine bascule vers l'Occident fin 2013. En réaction, la Russie
annexe la Crimée en 2014. Suite à la guerre dans le Donbass depuis
2014, l'Allemagne et la France n'ont pas fait respecter les accords
de Minsk afin de donner du temps à l’Ukraine pour se réarmer. La
responsabilité de la guerre en Ukraine incombe aux Etats-Unis, et à
une Europe alignée sur la politique américaine. Quant à l'Ukraine,
elle a retiré le russe des langues officielles et refusé une large
autonomie aux régions russophones (formule Steinmeier, 2019).
« Guerre géopolitique des Etats-Unis
contre la Russie, agression de la Russie contre l'Ukraine sur le
terrain » R. Falk, professeur américain de droit international.
Comme l'a reconnu le secrétaire
d'État américain Marco Rubio le 5 mars 2025, il s'agit d'une
guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie.
Un accord de paix après deux
mois de guerre a été bloqué (B. Johnson) : les Occidentaux voulaient la guerre
avec la Russie. En mars 2025, la France, le Royaume-Uni et d'autres
pays européens ne veulent toujours pas la paix. L'UE est entrainée
dans une guerre contre la Russie en suivant la politique des
Etats-Unis : utiliser l'Ukraine pour empêcher un rapprochement
entre UE et Russie.
Les sanctions contre la Russie
profitent aux Etats-Unis et contribuent au risque d'effondrement de
l'UE.
Le secrétaire général de l'OTAN
(Marc Rutte) a déclaré devant le Parlement européen (13/01/2025)
que l'UE devait rogner sur les budgets sociaux (retraite et santé)
pour financer les dépenses d'armement. De plus, toujours selon
Marc Rutte (23/01/2025), les armes américaines doivent être
payées par l'Europe.
L'Europe est intimement liée à
l'OTAN : d'anciens secrétaires généraux de l'OTAN ont tenu
un rôle important dans la construction européenne (Paul-Henri
Spaak, Joseph Luns, Javier Solana). Seul et dernier acte de
résistance en 2003 : Chirac, Schröder, Poutine contre la guerre de
l'OTAN en Irak.
Avec le grand élargissement à
l'est en 2004, la domination de l'Allemagne (elle-même sous
contrôle des Etats-Unis) sur l'Europe s'est intensifiée. Puis
la politique de l'OTAN en Ukraine a détruit l'Allemagne avec
l'augmentation des coûts de l'énergie.
L'Europe n'a pas le soutien des
peuples.
L'abstention pour les européennes est
d'environ 50% depuis 1999.
Loin des objectifs de redressement
économique, de contrôle des prix et de paix, depuis 1984, l'Europe
se construit dans l'opacité, avec une augmentation des
inégalités, désindustrialisation, évolution vers une société
de contrôle, des guerres (Serbie, Ukraine).
L'élaboration des traités se fait
dans l'opacité. Modification quasi impossible (révision à
l'unanimité). Disparition de la démocratie. Referendum rares,
présentés de façon tronquée. On demande si besoin un second vote,
ou bien on contourne le résultat du vote.
Comme l'a dit J.C. Juncker, président
de la Commission européenne en 2015 : « Il ne peut pas y avoir de
choix démocratique contre les traités européens ».
Perte des valeurs morales et
éthiques, corruption, le respect du droit est à géométrie
variable (Serbie 1999, Irak 2003...). D'où la montée en puissance
des BRICS depuis 2009, contre l'Occident, l'hégémonie du dollar,
les sanctions américaines unilatérales...
En 2025 les BRICS représentent 50 % de
la population mondiale. Dans leur vision d'un monde unipolaire, les
Etats-Unis doivent affaiblir l'Europe et les BRICS pour préserver
l'hégémonie du dollar.
L'Europe est logiquement exclue des
négociations pour la paix en Ukraine (l'Europe avait déjà fait
preuve de son impuissance dans le conflit Yougoslave).
Déni de démocratie qui évolue
de façon opaque et insidieuse depuis 1984 avec des
simulacres d'élection au Parlement européen (facade
démocratique), rares referendum (sous un mode biaisé et tronqué).
Comme les traités constitutionalisent des théories
économiques, il faudrait un doctorat en économie pour comprendre
les traités. Il est donc inutile de demander l'avis du peuple.
Extorsion répétée de consentement
de façon cachée, avec une succession de petits pas depuis 1984.
Ce processus insidieux se dévoile au grand jour en 2020 avec
la gestion de la crise de la Covid 19 par la peur et la
désinformation. Cette gestion entérine la fin de la démocratie,
et marque l'évolution vers une société de contrôle
(libéralisme autoritaire, modèle chinois), prélude à une
déshumanisation de nos sociétés.
Des milliards d'euros ont été
dilapidés dans la gestion de la crise de la Covid 19, pour le seul
bénéfice de l'industrie pharmaceutique.
- Probable origine artificielle du
virus, gestion inédite par le secret défense, disparition de la
démocratie sanitaire et des règles de l'expertise sanitaire
- Pensée unique, interdiction de toute
possibilité de traitement, fraudes (Lancet), pas d'alternative aux
injections ARN dont les effets secondaires sont cachés
- Mensonges (« tous vaccinés, tous
protégés »)
- Management par la peur (400.000 morts
annoncés)
- Clivage de la société (entre
vaccinés et non vaccinés)
- Extorsion du consentement (injections
géniques en phase expérimentale), confinements sans preuves...
De la propagande sur la Covid à celle
sur l'Ukraine :
Réveil de la russophobie, assimiler la
Russie à l'URSS, désinformation, supprimer tout débat et
faire croire que la guerre débute en 2022 en occultant les
faits depuis 1996, créer la peur : « la Russie va envahir
l'Europe » alors que les troupes russes n'ont pas atteint le Dniepr
après trois ans de guerre.
Diabolisation dans le cadre d'une
lutte du « bien » (supposé être le néo-libéralisme)
contre le « mal » (supposé être le modèle russe)
Pensée unique = disparition de la
démocratie
Pas d'alternative au néo-libéralisme
et au libre-échange
Pas d'alternative à la libre
circulation des capitaux
Pas d'alternative à la monnaie unique
Pas d'alternative aux traités
Pas d'alternative aux injections à
ARNm
Pas d'alternative à la guerre contre
la Russie
Europe, économie, Covid 19, Russie :
débat interdit
La disparition de la démocratie et l'évolution vers un système pathocratique
L'évolution
pas à pas vers un système pathocratique depuis 1984 avec sa mise au
grand jour en 2000 avec la gestion de la crise de la
Covid 19 puis le développement de la russophobie et la perspective d'une guerre contre la Russie (se reporter à la page sur la
pathocratie)
Comprendre l'identité européenne
Les 4 systèmes familiaux exogames présents dans l'aire européenne
(selon les travaux d'Emmanuel Todd), qui forment 2 couples d'opposés
4 visions de la réalité : conflit des opposés, ou conjonction des opposés (se reporter à la page sur l'
identité européenne)
La double-démocratie
Une réforme des institutions pour un nouveau système démocratique : un
système polycentrique qui reflète la structuration de la France et de
l'Europe sur des couples d'opposés (se reporter à la page sur la
double-démocratie)