LA COVID 19

 

La Covid 19 est la troisième pandémie mondiale à sévir depuis le début des années 2000. Cela était annoncé depuis longtemps par les scientifiques, et l'on sait que l'on sera de plus en plus confronté à de nouvelles pandémies, avec de plus le risque d'avoir des taux de mortalité beaucoup élevés comme c'est le cas pour Ebola. 

En médecine, pour toute maladie, on apprend le diagnostic, le traitement, les causes et la prévention. 

Concernant la prévention, une approche superficielle et simpliste consiste en l'administration d'un vaccin. En fait, il faudra de multiples vaccins, puisqu'il y aura émergence de multiples virus, avec leurs variantes, leurs mutations, et forcément de nombreux futurs morts, le temps de la fabrication de ces différents et nouveaux vaccins. Elle a de très grands avantages pour l'industrie pharmaceutique, mais aucun pour les populations car on les oblige à vivre régulièrement avec un problème récurrent. Dans cette approche, il faut également discréditer tout traitement (voir la fameuse étude truquée du Lancet contre le protocole du Pr Raoult) susceptible de traiter le virus, et donc de rendre le vaccin inutile. Dans cette approche, on élude les causes profondes de la maladie pour rester au niveau du traitement des symptômes.

Mais si l'on veut sérieusement aborder le volet prévention (la prévention primaire s'applique en amont de la maladie, tout comme les changements dans l'organisation du travail en entreprise sont susceptibles de faire disparaitre les risques auxquels les travailleurs étaient auparavant exposés),  il faut tout d'abord bien cerner les causes de l'apparition des maladies émergentes. Elles sont bien connues : le réchauffement climatique, la fonte du permafrost, la dégradation de l'environnement, la destruction des écosystèmes,  la déforestation, le contact entre l'espèce humaine et des espèces animales sauvages, le productivisme, l'élevage industriel intensif, le consumérisme, le tout favorisé par le néolibéralisme, la globalisation économique et financière (responsables également des crises financières itératives), la mondialisation des échanges, les flux migratoires liés à la pauvreté. Outre les maladies émergentes (paludisme, borréliose de Lyme, dengue, chikungunya, Zika, coronavirus, ebola...), et outre les crises financières liées au néolibéralisme, nous serons de plus en plus confrontés, et pour les mêmes raisons, à des sécheresses sévères, une forte hausse du risque d'incendie, de canicule, à l'assèchement des nappes phréatiques, des épisodes d'inondation ou de submersion, avec des conséquences humaines et économiques considérables.

On peut reprendre chronologiquement le démantellement des Etats par le néolibéralisme : 

1984 : refus par les chefs d'Etats et de gouvernements du traité Spinelli, un traité basé sur la coopération, et qui prévoyait une intervention de l'Union dans les politiques de santé (en particulier la coordination de l’assistance réciproque en cas d'épidémies). C'est un premier tour de force : rejeter un traité voté par un Parlement européen élu au suffrage universel depuis 1979.

1986-1992 : engagement de l'Union Européenne dans le néolibéralisme et le démantellement des services publics (la santé n'est pas une compétence de l'Union Européenne). C'est un second tour de force : inscrire dans un traité (Maastricht) et dans le marbre les politiques que l'Union européenne doit mener.

2008 : crise financière favorisée par l'endettement, la privatisation du secteur bancaire, l'absence de régulation des marchés financiers. Cette crise financière n'a pas été traitée par manque de coordination et de solidarité entre Etats membres, le secteur financier n'a pas été assaini depuis 2008. C'est un troisième tour de force : faire payer par l'Etat les factures laissées par les banques, et ce sans contrepartie.

après 2009 : poursuite de la voie néolibérale avec le traité de Lisbonne et les traités de libre échange. La France a poursuivi une politique de désindustrialisation, de délocalisation, perdant ainsi sa souveraineté sur des secteurs stratégiques, en particulier dans le domaine du médicament. Les services publics ont été laminés, l'hôpital a été progressivement et systématiquement démantelé tandis que le numerus clausus a été géré de telle façon que la densité médicale sera toujours déficitaire jusqu'à au moins 2030. Le contournement d'une décision populaire prise par referendum (le refus du TCE en 2005) pour imposer une continuité dans la lignée du traité de Maastricht : c'est un quatrième tour de force.

En conséquence des modalités de la construction européenne, l'endettement public se creuse, et les Etats sont tombés sous la coupe des marchés financiers. Les Etats ont perdu leur souveraineté monétaire, ils peuvent de plus être poursuivis par les multinationales au travers des tribunaux privés mis en place par les traités de libre échange : c'est un cinquième tour de force. L'information étant par ailleurs contrôlée par des medias sous contrôle d'intérêts privés, le néolibéralisme est roi, la démesure (l'Ubris) est totale. 

Formidables tours de force, ou tours de magie, autant de secrets qui fondent notre modèle consumériste (Guy Debord).

Une véritable prévention des futures maladies émergentes passe par un retour de la puissance publique, par la promotion d'une santé globale, la coopération à l'échelle européenne et internationale (donc une réforme de l'ONU), une transformation radicale du modèle économique occidental (les pandémies étant des conséquences du néo libéralisme et de la mondialisation sous sa forme de la globalisation financière), la suppression de l'actuelle gouvernance européenne pour revenir à des fondements démocratiques. 


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