LES BESOINS FONDAMENTAUX DE L'ÊTRE HUMAIN

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Quels sont les différents besoins ?

On peut classer les besoins d'un être humain en différents groupes :

1/ besoin de sécurité, de protection, de justice (à relier au senex)

2/ besoin de liberté, d'indépendance, d'autonomie, d'exprimer ses compétences (à relier à une dimension symbolique masculine)

3/ besoin d'exprimer sa créativité (à relier au puer)

4/ besoin d'affection, de partage, d'échange, de relation à l'autre, de compassion (à relier à une dimension symbolique féminine)

5/ besoins spirituels, ce qui est relatif à l'esprit :

Par ses travaux sur la philosophie antique, Pierre Hadot a bien montré comment la vie philosophique exige un constant travail sur soi au travers d'exercices spirituels destinés à actualiser les préceptes philosophiques dans la réalité vécue. Cette dimension est une part de l'héritage grec au même titre que la démocratie. On retrouve des considérations similaires dans le bouddhisme. On peut se référer par exemple aux quatorze entraînements à la pleine conscience selon le maître bouddhiste zen Thich Nh?t H?nh, en vue d'une aspiration à la paix et à un bonheur véritable.

Comment répondre aux besoins ?

Répondre à l'ensemble des besoins, sans négliger les besoins spirituels, s'inscrit dans le cadre du processus d'individuation afin de vivre en harmonie avec soi, avec son entourage, les autres, la société, et avec son environnement, dans la perspective d'un développement vertueux de nos sociétés. Cela nécessite une redéfinition des objectifs généraux de la société, de définir également quels secteurs d'activités doivent bénéficier d'une croissance ou d'une décroissance (en fonction de leurs impacts écologiques, de principes éthiques...), mais aussi de voir comment, dès l'école, favoriser le développement des compétences psychosociales pour, à terme, favoriser une croissance de la conscience et développer les qualités et les vertus de l'esprit. À titre d'exemple, l'économie bouddhiste présente une approche économique holistique qui intègre la durabilité, la prospérité partagée et la compassion dans un système économique qui offre une vie confortable et significative à tous les individus tout en protégeant l'environnement.

Nos sociétés occidentales sont basées sur l'individualisme, le mythe du progrès, l'addiction à la consommation, la religion du marché avec son avidité du profit, l'avidité de consommation, la multiplication des besoins matériels, la recherche d'une accumulation de biens et de richesse, l'attachement aux biens et à la richesse, l'illusion d'un bonheur et d'un accomplissement personnel par le profit, ou encore la recherche d'une volonté de pouvoir (renommée à l'échelle individuelle, volonté impérialiste pour des États) ou de prédation. Le modèle occidental s'affranchit des lois de la nature, de toute instance de régulation, et occulte totalement la dimension spirituelle. Il tente même de l'éliminer par une quête scientifique de l'immortalité (croyance en l'existence d'un bonheur permanent et durable qui ne puisse être détruit par la mort) au travers des supposés progrès à venir de la génétique et de l'intelligence artificielle : ce que l'on appelle le transhumanisme (qui s'inscrit dans le monde qui se meurt et tente de rester dans le paradigme de la seconde mutation au lieu d'accompagner la troisième mutation). C'est une évolution logique (dans le sens de l'hybris) du consumérisme, car la mort est considérée comme un obstacle à une jouissance durable des biens possédés. Cette évolution logique (toujours dans la logique de l'hybris et d'un matérialisme poussé à son extrême) ne peut se faire qu'au prix d'un accroissement considérable des inégalités entre une minorité d'ultra-riches (voire des Homo Deus selon Yuval Noah Harari) et le reste de la population, avec des individus de plus en plus vulnérables et asservis.

La médecine occidentale occulte également les besoins spirituels, sauf en situation de fin de vie ! En effet, ce n'est que dans les soins palliatifs que l'on parle de la prise en charge d'une souffrance globale avec ses quatre dimensions : physique, psychologique, sociale et spirituelle.

L'Union européenne ne répond pas aux besoins des peuples

Alors que l'Union européenne a théoriquement pour but de promouvoir le bien-être de ses peuples, en réalité, elle ne répond pas aux besoins de la population. Elle porte atteinte aux besoins élémentaires de sécurité (insécurité alimentaire, énergétique, dégradation du système de santé avec perte de chances de soin, dégradation du système éducatif, risque de guerre...).

En ces temps de déliquescence, nous avons une responsabilité individuelle pour apprendre à développer notre sécurité intérieure, nous relier à une éthique et à des valeurs, à ce qui fait sens pour soi, à la beauté, pour développer la cohésion de la société, pour faire preuve d'esprit critique et de discernement quant aux décisions et actions d'un gouvernement, en se demandant si ce dernier légifère dans l'intérêt de la population, est incompétent, ou agit avec une volonté de nuire (ce qui, pour beaucoup, reste de l'ordre de l'impensable). Ce travail sur soi est nécessaire pour faire un choix conscient sur le type de société que nous voulons construire.


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