LES BESOINS FONDAMENTAUX DE L'ÊTRE HUMAIN

 

On peut classer les besoins en différents groupes :

- besoin de sécurité, de protection, de justice (à relier au senex)

- besoin de liberté, d'indépendance, d'autonomie, d'exprimer ses compétences (à relier à une dimension symbolique masculine)

- besoin d'exprimer sa créativité (à relier au puer)

- besoin d'affection, de partage, échange, relation à l'autre, compassion (à relier à une dimension symbolique féminine)

- besoins existentiels (ou spirituels) : rapport à la finitude de la vie, éthique de vie, une réorientation du désir sur la reliance à la beauté (la nature, les arts), le spirituel (ce qui est relatif à l'esprit), la conscience de soi, la compréhension du fonctionnement de son esprit, la maitrise de soi, la capacité à se détourner des stimulus extérieurs et des désirs superflus (mettre donc un frein à une volonté de croissance indéfinie dans un monde fini) pour développer les qualités humaines (qualités de sagesse et de compassion en particulier) et favoriser une croissance de la conscience (antidote à l'Ubris), la quête de sens, ou encore la reliance au sacré (à relier au mercure). Par ses travaux sur la philosophie antique, Pierre Hadot a bien montré comment la vie philosophique exige un constant travail sur soi au travers d'exercices spirituels destinés à actualiser les préceptes philosophiques dans la réalité vécue. Cette dimension est une part de l'héritage grec au même titre que la démocratie.

Répondre à l'ensemble de ces besoins s'inscrit dans le cadre du processus d'individuation afin de vivre en harmonie avec soi, avec les autres, et avec son environnement. Cela nécessite une redéfinition des objectifs de la société, c'est-à-dire définir quels secteurs d'activités doivent bénéficier d'une croissance ou d'une décroissance en fonction de leurs impacts écologiques, mais aussi comment dès l'école faire en sorte de développer des compétences psycho sociales pour à terme favoriser une croissance de la conscience. 

On pourrait extrapoler les besoins au niveau d'un pays : 

- besoin de sécurité en terme de santé, d'alimentation, de la défense, d'une justice indépendante....

- besoin d'autonomie (par exemple en terme alimentaire et sanitaire)....

- besoin de développer la recherche pour améliorer les connaissances ou les conditions de vie....

- besoin de développer des relations harmonieuses avec ses pays voisins....

- besoin de donner du sens (par exemple quel sens donner à la construction européenne). Dans le rapport Herman, on peut noter que l'Union avait pour objectif, en particulier, de favoriser l'épanouissement culturel et spirituel de ses peuples dans le respect de leur diversité.

Le modèle occidental, basé sur l'individualisme, le mythe du progrès, l'addiction à la consommation, occulte totalement la dimension existentielle. Le but de l'existence peut alors se résumer à un désir d'accumulation (toujours plus de biens et de richesse), de pouvoir (renommée à l'échelle individuelle, volonté impérialiste pour des Etats), plus de plaisir, quitte à s'affranchir des lois de la nature et de toute instance de régulation. Le modèle occidental tente même d'éliminer la dimension existentielle par une quête scientifique de l'immortalité (croyance en l'existence d'un bonheur permanent et durable qui ne puisse être détruit par la mort) au travers des supposés progrès à venir de la génétique et de l'intelligence artificielle. Ce que l'on appelle le transhumanisme (qui s'inscrit dans le monde qui se meurt au terme de la seconde mutation). C'est une évolution logique (dans le sens de l'Ubris) du consumérisme car la mort est considérée comme un obstacle à une jouissance durable des biens possédés. Cette évolution logique (toujours dans la logique de l'Ubris) ne peut se faire qu'au prix d'un accroissement considérable des inégalités, générant ainsi des sociétés de plus en plus vulnérables et nombre d'individus de plus en plus vulnérables. 

La médecine occidentale occulte également les besoins spirituels, sauf en situation de fin de vie ! En effet, dans les soins palliatifs, on parle de la prise en charge d'une souffrance globale avec ses quatre dimensions : physique, psychologique, sociale et spirituelle. 

La crise de la Covid 19 met clairement au jour le choix possible entre

- un modèle occidental qui se meurt : Ubris, prédation, évolution vers une société de contrôle, une déshumanisation, un transhumanisme sur une base biopolitique

- un monde possible à venir en lien avec l'actuelle mutation en cours : humanisation des sociétés déclinée sur un mode psycho-socio-politique (à relier aux « trois écologies »), polycentrisme, prise en compte de l'ensemble des besoins d'un individu et de la société.


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