ACCOMPAGNER LA MUTATION EN FRANCE

La double démocratie Fondements transdiciplinaires Une sixième République

       

Après le classique clivage gauche / droite, l'élection d'Emmanuel Macron a révélé un nouveau clivage : social libéralisme de LREM  / souverainistes. En fait, ceci a actualisé un clivage déjà opérationnel depuis longtemps à l'échelle des institutions européennes du fait de l'alliance gauche droite au sein du Parlement EuropéenUne reddition de comptes est donc nécessaire pour faire le bilan des politiques menées depuis l'Acte Unique en toute continuité et sans alternances (du fait d'une majorité sociale-libérale à l'échelle de l'Europe). Quelles sont les conséquences socio-économiques (en terme de désindustrialisation, délocalisations, perte de la souveraineté monétaire, endettement public, chômage...) des politiques menées par Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron ?

L'évolution suivante peut être rétrograde, avec un retour au clivage gauche / droite de l'ancien monde ou bien persistance du clivage social libéralisme / souverainistes (avec un durcissement du néolibéralisme et une montée de l'extrême droite).

On peut assister à une fuite en avant (suite à la crise du Covid 19) dans un monde consumériste totalement déshumanisé, sans contact, basé sur la méfiance et la crainte de l'autre, voire une monde contrôlé par une super technocratie par l'effet combiné de la globalisation économique, de la gouvernance européenne, des grandes puissances industrielles et financières, de l'industrie chimique, de l'industrie de la maladie organisée par les grands groupes pharmaceutiques, du contrôle des médias, du développement de l'intelligence artificielle, de l'ingéniérie génétique et des manipulations biotechnologiques, de l'adaptation des vérités scientifiques en fonction des perspectives de rentabilité financière, ce à des fins de contrôle des individus par un dressage et une surveillance des populations au moyen de mesures coercitives, ce que Michel Foucault appelle la biopolitique, ou d'autres (Roberto Esposito) la thanatopolitique. Un déclin civilisationnel dont certains prémices sont peut-être la baisse de l'espérance de vie et du QI. 

L'évolution peut être explosive du fait de la rupture majeure entre le peuple et les élites. Une gouvernance par la peur peut alors être un moyen de contraindre les populations pour maintenir un système économique à l'agonie et une pseudo démocratie qui ressemble en fait à un mélange de théâtrocratie et de ploutocratie. Un délitement démocratique au profit d'une gouvernance par des normes, une perte de la notion d'éthique, la disparition d'un Etat protecteur, laissant ainsi libre champ à l'emprise et à une volonté de pouvoir et de domination d'une minorité.

On peut assister à une montée en puissance de l'écologie, difficile à situer du fait de la fragmentation de la sphère écologique. Si l'on reste dans l'ancien monde, ce serait par exemple une alliance de l'écologie et du socialisme. Mais il peut apparaitre une nouvelle évolution : un mouvement en phase avec l'actuelle mutation, avec comme fondement la conjonction des opposés, en écho aux quatre structures familiales qui composent la France, et au processus d'individuation décrit par Jung. En référence aux travaux de Felix Guattari (« Les trois écologies »), on pourrait définir une écologie qui prendrait en compte différents systèmes interdépendants :

- l'échelle individuelle, comment chacun peut prendre en charge sa propre santé physique et psychique, avoir un comportement responsable envers l'environnement (en vertu d'une non séparabilité entre l'écologie extérieure et intérieure), prendre en compte l'ensemble de ses besoins, trouver enfin un équilibre entre l'orientation du désir vers l'extérieur (la publicité a cette fonction d'orienter le désir vers le matériel), et l'intérieur (l'individuation, les besoins existentiels)

- l'interaction entre les différents systèmes familiaux, qu'elle soit ancestrale comme en France ou en Europe, ou bien plus récente liée à l'immigration (comme par exemple les communautés japonaises ou chinoises en Amérique Latine)

- le social, qui concerne le rapport à l'autre, depuis le proche jusqu'à la conscience de notre interdépendance et le lien entre l'ensemble de l'humanité

- le politique, qui concerne une nouvelle forme d'organisation démocratique en écho à l'actuelle période de mutation et le principe de la conjonction des opposés (en particulier le nécessaire dialogue entre différentes visions portées par les différents systèmes familiaux), la double démocratie pouvant en représenter un modèle

- la préservation de l'environnement

Comment pourrait être porté une telle évolution ? La question de la pertinence des partis politiques se pose avec acuité dans ces temps où se creuse un fossé entre le peuple et les « élites politiques ». Penser le nouveau à partir de structures périmées et verticales n'est pas pertinent. Tout comme la quête de l'homme providentiel est illusoire. On pourrait donc imaginer que cela passe par l'émergence d'un mouvement citoyen organisé sur un mode décentralisé, fédéré à partir de réunions locales à l'échelle de chaque département (une sorte de grand débat mais totalement organisé et contrôlé par les citoyens eux-mêmes). Cette approche psycho socio politique porte en elle le germe d'une humanisation des sociétés (à l'inverse de la biopolitique qui conduit à l'asservissement des individus).
   

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