LE DÉFICIT DÉMOCRATIQUE DE L'EUROPE

 

 

Le déficit démocratique résulte d’un ensemble de facteurs : 

  

Ainsi, la construction européenne s’effectue par un transfert de compétences d’États démocratiques vers une Commission à faible contrôle démocratique tandis que la Banque centrale européenne conserve une maîtrise absolue de sa politique monétaire hors de tout contrôle démocratique. Cet absence de débat, le pouvoir de la Commission, avec le Comité 133, le poids du lobbying, le statut de la Banque centrale, la sujétion de la Commission aux multinationales, les décisions de la Cour de justice européenne selon l'interprétation des traités, la tendance à l’uniformisation, la tendance hégémonique des grands pays vis-à-vis des petits pays, le double langage des traités, tout ceci complète le tableau du déficit démocratique de l’Europe. La démocratie est remplacée par le concept de gouvernance

Ce déficit démocratique cache en fait une nouvelle forme de servitude, une servitude dont nous sommes plus ou moins conscients, car elle s'est installée de façon progressive et insidieuse depuis le début de la construction européenne, et par ailleurs, son apparence est différente de l'esclavage durant  l'ère du colonianisme. Selon Jacques Ould Aoudia, nous vivons depuis le début des années 1980 la transformation d'un système capitaliste de création par l'innovation, vers un système capitaliste de prédation. Et pour Xavier Ricard Lanata (La tropicalisation du monde), les populations occidentales elles-mêmes sont devenues la proie de ce capitalisme de prédation. L'Europe est devenue une colonie soumise aux appétits d'un marché totalement dérégulé, et elle entame ainsi un processus de déshumanisation

Derrière le « déficit démocratique » de l'Europe, derrière une apparence de démocratie et un déficit de débat politique (tout comme, sous l'effet de la pensée unique, le débat contradictoire, sur le plan médical, a été éliminé dans la crise de la Covid 19) se cache en réalité un processus mortifère délibéré et planifié de longue date en lien avec la face sombre du principe mercure, un processus de déshumanisation qui exploite et détruit le vivant sous toutes ses formes.

Remédier au « déficit démocratique » nécessite une repolitisation des décisions, le développement d'un espace de débat avec une réelle base sociétale, une information libre au service des citoyens, le respect de la volonté des citoyens, une remise en question des traités européens, du néolibéralisme (un hyperlibéralisme qui évolue vers libéralisme autoritaire) et une réforme des institutions.

 

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