On peut faire un parallèle entre
l'évolution psychique d'un
individu et les problématiques géopolitiques.
Changer, à l'échelle individuelle, c'est travailler sur soi.
C'est travailler sur son esprit, ses valeurs, ses croyances. Jung a
développé ce travail sous le nom d'individuation. Il passe par une
confrontation à l'ombre. Cette même ombre se retrouve dans la façon
dont l'Europe s'est construite dans l'opacité depuis 1984, depuis le
rejet du projet Spinelli.
Construire une nouvelle Europe suppose de comprendre l'identité
européenne. Cela suppose aussi de comprendre
les
différentes mutations dans l'histoire de l'Europe, à la lumière
du processus d'individuation jungien. C'est à partir de cette
compréhension qu'on peut envisager une nouvelle structure
démocratique, cohérente avec ces données. On peut aussi envisager
une nouvelle architecture de coopération intra-européenne. Ces
points seront détaillés dans les différentes pages du site.
Changer, à l'échelle individuelle, c'est aussi s'impliquer dans
la vie de la cité. C'est éviter que des systèmes ploutocratiques
ou pathocratiques ne prennent le pouvoir. C'est inventer une nouvelle
forme de démocratie, avec de réels contre-pouvoirs. C'est retrouver
une souveraineté nationale, tout en organisant la coopération au
sein d'une Communauté européenne. C'est mettre la finance au
service de l'économie. C'est humaniser nos sociétés, et humaniser
les relations internationales, pour ne plus bafouer le droit
international.
Cela suppose, de la part de l'Europe — et des États-Unis —,
une
confrontation
à son passé, à son ombre : ingérences, manipulations,
prédation, guerres,
système
pathocratique. Cela suppose d'abandonner la volonté de puissance
et de prédation. Cela suppose, enfin, d'accepter pleinement
l'évolution vers un monde multipolaire.
Ce programme peut paraître utopique. La tâche est immense et
complexe. Elle touche les intérêts des États, les intérêts
financiers, les volontés de puissance. Elle se heurte à l'évolution
vers une société de contrôle, et à la déshumanisation de nos
sociétés.
Ce programme a d'abord besoin d'un mouvement citoyen pour le
porter — un mouvement en accord avec la grande transition vers la
troisième
mutation.